ENSEIGNEMENT PONTIFICAL

BREFS

Le souverain Pontife a adressé au T. H. frère Irlide, supérieur général des frères des écoles chrétiennes, le bref suivant, en réponse à la lettre de félicitations qu'il en avait reçue au nom de l'institut
du 14 mars 1878


Cher fils, salut et bénédiction apostolique,

Les hommages que vous Nous avez offerts, au nom de toute la famille religieuse confiée à votre direction, Nous ont été d'autant plus agréables que, partout où vous travaillez à élever l'enfance et la jeunesse, vous vous montrez les dignes fils de cet homme vénérable qui se plaisait à se nommer publiquement prêtre romain, au moment où l'hérésie du jansénisme se propageait, et qui vous a légué et fortement recommandé la filiale vénération et l'amour qu'il avait lui-même pour le Siége apostolique. 

Et comme l'application que vous montrez à pénétrer profondément le jeune âge des principes de notre sainte religion, en même temps que vous lui apprenez les éléments des sciences et des arts, au grand profit de la société, fait souhaiter aux évêques les secours de votre ministère, de même cela excite notre bienveillance pour vous.

Mais, plus vous êtes étroitement unis au premier pasteur de l'Eglise et à ce siège du Pontificat suprême, plus vous travaillez activement et utilement à former les coeurs à l'amour de la religion et des bonnes moeurs, plus aussi vous deviendrez nécessairement odieux à ceux dont tous les efforts tendent à dissoudre l'unité de l'Eglise, à corrompre radicalement les peuples, et à exclure Dieu des affaires humaines ; c'est pourquoi vous devez expérimenter la vérité de cet oracle de Jésus-Christ : Vous serez haïs de tous à cause de mon nom.

Aussi, lorsque vous avez à supporter des mépris et des vexations, et que vous apercevez comme imminentes des calamités encore plus grandes, gardez-vous de craindre et de vous décourager, mais, au contraire, réjouissez-vous d'être trouvés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus-Christ.

Marchant donc sur les traces de Celui qui, pour le salut des âmes, a bien voulu être calomnié, outragé, crucifié, et souffrir la mort, employez avec plus de soin vos forces et vos talents à retirer l'enfance et la jeunesse des pièges, de la corruption et de l'incrédulité, et à préparer ainsi une nouvelle génération qui restaure l'ordre depuis longtemps détruit. 

Souffrant des persécutions pour la justice, vous serez bienheureux ; car, par ce moyen, vous aurez très bien mérité de l'Eglise et de la société civile, et c'est ainsi que le souvenir de votre zèle et de votre constance restera en bénédiction.

Tels sont nos voeux pour vous, et c'est pour cela que Nous demandons à Dieu, pour votre congrégation, tous les secours célestes nécessaires et opportuns, pendant que, comme présage de ces biens et gage de Notre paternelle bienveillance, Nous donnons très affectueusement, la bénédiction apostolique à vous, cher fils, et à toute la congrégation que vous gouvernez.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 11 mars 1878. première année de notre pontificat

LEON XIII, PAPE


Bref  à Mgr l'évêque de Bâle, en réponse aux adresses de diverses associations catholiques  
du 3 mai 1878

A notre vénérable frère Eugène, évêque de Bâle, à Lucerne, 

Léon XIII, Pape

Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique,

Enlevé violemment à votre siège épiscopal, forcé de vous tenir éloigné d'une partie de votre troupeau, que vous avez la douleur de voir privé de ses gardiens et livrés aux loups, vous êtes en proie aux plus vives inquiétudes comme à la sollicitude la plus pressante sur le sort malheureux qui lui est fait. 

Toutefois, vénérable frêre, une consolation vous est donnée, et Nous vous en félicitons avec bonheur : c'est de voir, d'une part, la constance du plus grand nombre dans la foi, et, d'un autre côté, le zèle que déploient ceux qui, fidèles aux liens qui les unissent entre eux, veillent avec empressement aux besoins religieux du peuple, et s'efforcent de suppléer au ministère des prêtres éloignés et bannis.

Au nombre de ces hommes de zèle, il faut évidemment compter les professeurs du collège qui porte le nom de Maria-Hilf (Secours des chrétiens) [le collège catholique de Schwytz], puis les femmes qui se vouent soit à l'adoration perpétuelle, soit à la confection d'ornement sacrés pour les églises pauvres [les dames de la ville de Lucerne], ainsi que la religieuse famille de saint François de Sales [Couvents de la Visitation], et les associations du Pius-Verein, de l'un et l'autre sexe [les dames de la ville de Porrentruy], dont vous nous avez présenté les adresses.

Il est vrai que ces auxiliaires, bien que très distingués, sont encore, on ne peut le méconnaître, trop peu nombreux pour répondre suffisamment à l'étendue de votre diocèse et à la difficulté des temps. Cependant ce sont là autant de phares propores à tracer la route et à frayer la voie du salut à ceux qui sont ballotés par la tempête.

Bien que séparés par les distances et par leur but immédiat, toutes ces institutions offrent néanmoins les plus précieux avantages à la religionet au peuple catholique.

C'est ainsi qu'en particulier que ceux qui vouent leurs soins à l'éducation de la jeunesse dans le collège de Maria-Hilf, ne se bornent pas à nourri les jeunes âmes d'un enseignement sain et vrai, tout en les initiant à la réfutation victorieuse de toutes les erreurs ; mais ils réussisent encore à former pour la société des citoyens vertueux et capables et de dignes ministres pour l'Eglise.

C'est ainsi encore que les pieuses âmes qui présentent nuit et jour leurs adorations à notre divin Sauveur en réparation des mépris et des outrages qu'il reçoit dans la sainte Eucharistie, comme celles qui pourvoient à l'honneur des autels chrétiens, sont d'une incontestable utilité. D'ailleurs, l'exemple qu'elles donnent à tous, affermit les sentiments religieux et entretient la piété.

Les services que rendent de leur côté les religieuses de saint François de Sales, sont assez connus pour Nous dispenser d'en parler.

Quant aux associations de Pie IX, depuis longtemps elles font sentir à la Suisse leur bienfaisante influence. Ouvertes aux femmes, c'est associations ne peuvent qu'y gagner. Une grâce toute naturelle, et qui tourne à la gloire de Dieu, donne souvent à la femme plus de ressources qu'à l'homme, soit pour conjurer de plus grands maux, soit pour renverser par la parole l'orgueil de l'impiété, soit enfin pour attirer les coeurs au service de Dieu.

Faites donc connaître, vénérable frère, à toutes ces associations le grand plaisir que Nous font éprouver leur zèle, leur persévérance et leurs succès. Dites-leur que Nous avons accueilli avec faveur leurs hommages où éclate à nos yeux ce que proclament leurs oeuvres : leur dévouement absolu, ainsi qu'elles l'affirment dans leurs affectueuses lettres, tant à l'égard de ce Siège Apostolique, qu'envers leur propre évêque.

Dites-leur que Nous avons pleine confiance que la vue des maux déplorables qu'elles combattent ne fera qu'exciter leur courage pour s'appliquer avec une ardeur croissante à la poursuite de leurs oeuvres, et employer avec plus de zèle encore toutes leurs forces à défendre la cause de la religion et à sauver les âmes. De notre côté, Nous prions avec ferveur Celui qui a en main la puissance pour venir en aide à ceux que visite l'épreuve, qu'il les assiste de son bras tout-puissant et qu'il les comble de ses bénédictions terrestres et célestes. 

Comme gage des biens que Nous leur souhaitons, Nous accordons avec amour, en signe de notre bienveillance spéciale, notre bénédiction apostolique à chacune de ces associations, et en particulier à chacun de leurs membres, comme aussi à vous, vénérable frêre, à tout votre clergé et à tout votre peuple.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, de notre pontificat l'an premier.

Léon XIII, Pape

Bref  au duc Salviati et aux membres du Conseil suprême des associations catholiques d'Italie
  du 3 juin 1878

[...] Ce programme [présenté par les sociétés des laïcs catholiques d'Italie, reprenant le principe ni électeur ni élu aux Assemblées du gouvernement italien usupateur des Etats Pontificaux] en démontrant combien sont grands le zèle et la piété des associations catholiques italiennes, donne la plus douce consolation au coeur du Pontife et mérite sa très spontanée et très pleine approbation. Vous avez bien mérité jusqu'ici de l'Église et de la patrie ; mais souvenez-vous que ce résultat a été uniquement l'effet de l'union d'esprit et de coeur qui a régné parmi vous et que vous avez puisée à ce centre de l'unité catholique. Continuez donc à vous tenir de plus en plus attachés non seulement aux ordres de ce St-Siège, mais encore à ses voeux et à ses conseils.


Bref  à Mgr Dupanloup évêque d'Orléans  
du 18 juillet 1878

LÉON XIII, PAPE
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique,.

Vos félicitations et vos voeux, Vénérable Frère, Nous ont fait le plus grand plaisir, venant d'un évêque aussi recommandable que vous l'êtes, par les dons de l'âme et par les éclatants services que vous avez rendus, d'autant plus que le succès des lettres (Il s'agit des lettres de Mgr Dupanloup sur le centenaire de Voltaire.) que vous avez publiées, faisait présager déjà la victoire qui a été remportée dernièrement sur les complots des sociétés secrètes. 

C'est surtout votre éloquence qui a empêché cette sorte d'ovation nationale qu'elles avaient voulu décerner à l'impiété en infligeant en même temps une odieuse injure à la religion catholique, et au peuple français, qui lui est si attaché, une indigne flétrissure. 

Votre activité, toujours féconde en résultats, et couronnée déjà de tant d'autres succès, l'éminente distinction de votre esprit et de votre parole, ajoutent à l'expression de vos sentiments affectueux un tel prix, qu'elles rendent beaucoup plus vive encore la gratitude que ces sentiments devaient Nous inspirer. 

Aussi, Nous Nous réjouissons que l'influence d'un air plus pur ait affermi votre santé : qu'elle se conserve longtemps encore, afin surtout que vous puissiez continuer à confondre les perfidies et l'impudence des ennemis de l'Eglise : c'est le voeu de notre coeur. 

Afin qu'il se réalise heureusement, Nous demandons pour vous une abondante effusion des secours et des trésors d'en haut et en gage de la faveur du Ciel, en témoi
gnage de notre affectiontoute particulière, Nous vous accordons avec amour, à vous et à tout votre diocèse, la bénédiction apostolique. 

Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 18 juillet 1878,1a première année de notre pontificat.

Léon XIII, Pape

Bref  à Mgr Dupanloup évêque d'Orléans  
du 11 septembre 1878


LÉON XIII, PAPE
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.

Nous avons reçu, avec votre lettre, un exemplaire du mandement pastoral que vous avez publié afin de donner aux fidèles de votre diocèse un nouvel élan pour secourir le Saint-Siège dans ses détresses. C'était vraiment là, vénérable frère, un sujet digne de votre zèle et de toute la vigueur de votre éloquence ; d'autant plus que les ennemis de l'Eglise ont accumulé sans scrupule tous leurs artifices pour faire dépérir cette oeuvre de la piété catholique. Ils le voient bien, eux aussi : c'est l'oeuvre capitale, sans laquelle il n'y aurait pour le Saint-Siège ni liberté, ni dignité, ni moyen assuré d'exercer son divin ministère. Aussi est-ce pour lui arracher cette dernière sauvegarde qu'ils ont cru devoir réunir leurs attaques et leurs communs efforts.

Il est donc très heureux que la voix de l'épiscopat retentisse a loin pour défendre ces grands intérêts, et Nous Nous réjouissons, vénérable frère, que vous ayez eu à coeur de bien faire comprendre aux catholiques qu'il s'agit ici de la cause, non seulement de l'Eglise et du siège apostolique, mais de chacun même de ceux qui donnent ainsi généreusement une part de leur fortune à l'Egiise : ces largesses leur vaudront certainement les trésors de bonté ét de la miséricorde divines.

Le zèle que vous venez de montrer est une preuve éclatante de votre amour pour le siège apostolique ; Nous avons la confiance qu'il portera ses fruits pour l'honneur de l'Eglise et notre consolation.

En témoignage de notre bienveillance, et comme gage des faveurs du Ciel, Nous vous accordons, avec une bien vive affection en Notre Seigneur, à vous, à votre clergé et aux fidèles de votre diocèse, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 11 septembre 1878, la première année de Notre pontificat.

Léon XIII, Pape

Bref au R. P. Nicolas Tissier, S.J., et à ses collaborateurs du Cercle religieux de Marseille, pour son ouvrage Le génie civilisateur du catholicisme, 16 septembre 1878

A notre très chers fils Nicolas Tissier, prêtre de la Société de Jésus, et à ses honorables collaborateurs.

LÉON XIII, PAPE


 Salut et bénédiction apostolique !
 
Fils bien-aimés… Il y après de dix ans, vous offriez à Pie IX, de sainte mémoire, un album où se trouve représenté le monument que vous veniez d’élecer pour la défense de l’Eglise. Chacun de ces tableaux, consacrés à la peinture des gloires de la religion, et soigneusement gravés, s’y trouvait expliqué par de savants commentaires. L’illustre pontife en fut grandement réjoui, et il recommanda avec les plus bienveillantes paroles et l’ouvrage qui lui était offert et l’œuvre que vous poursuiviez. C’est aussi ce que Nous devons faire, Nous à qui notre cher fils Joseph Laurençot, prêtre de la société de Jésus, vient d’offrir, en votre nom, une édition nouvelle de cet ouvrage, en un volume magnifiquement relié. Nous voulons même, aux éloges que vous avez déjà reçus, ajouter que cette nouvelle édition, à laquelle les étrangers eux-mêmes ont voulu concourir, élégante et soignée comme la première, mais d’un prix moins élevé, attirera un plus grand nombre de lecteurs et propagera plus facilement une œuvre très utile. Nous n’hésitons pas à la qualifier ainsi ; car, d’un côté il n’y a rien de plus éloquent que les faits, et de l’autre, les tableaux contenus dans ce volume représentent des hommes célèbres non moins par leur piété que par leur science et leur habileté dans les arts ; lesquels, élevés et formés pour l’Eglise ont fait de tels progrès dans l’une comme dans l’autre qu’ils ont obtenu le premier rang et laissé des monuments qui font l’admiration de la postérité. La vue seule de leur image et de leurs œuvres montre donc avec un tel éclat ce qu’il faut penser du génie de l’Eglise, en ce qui regarde le progrès des arts et des sciences, qu’elle réduit à néant tous les sophismes par lesquels ses adversaires l’accusent de favoriser l’ignorance, d’être rétrograde et d’entraver la science et le génie. Nous souhaitons donc à cette nouvelle édition un rapide et plein succès ; et nous demandons à Dieu, pour tous ceux qui ont contribué par leur travail ou leurs largesses à la mettre à jour, le récompense qui leur est due. En attendant, comme gage de cette faveur et en témoignage de notre bienveillance et de notre gratitude, nous vous accordons, à vous, chers fils, et à tous les autres, notre bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 26 septembre 1878, la première année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE

Bref  à Mgr de La Tour d'Auvergne, archevêque de Bourges à l'occasion de son grand ouvrage : La Tradition catholique sur l'infaillibilité pontificale, 19 septembre 1878

LÉON XIII, PAPE

Vériérable frère, salut et bénédiction apostolique,

Comme il est défendu de rièn ajouter ou retrancher à la doctrine enseignée par le Christ, vénérable frère, et qu'ainsi il n'est permis ni au Souverain Pontife ni à toute l'Eglise enseignante d'introduire un nouveau dogme, il s'ensuit nécessairement que, s'il se présente quelque chose d'obscur, de difficile et comme en germe dans les saintes lettres ou dans la tradition, il leur appartient seulement de l'expliquer, de l'élucider, de le définir. 

Cela étant hors de doute, vous avez pris, sans contredit, le meilleur moyen pour défendre la révélation divine du dogme de l'infaillibilité défini par le concile oecuménique du Vatican, qui est non-seulement de vous appuyer sur l'autorité des Ecritures, mais encore de parcourir toute la suite des âges et de tirer de chacun d'eux des témoignages abondants de la tradition perpétuelle de ce dogme. 

Assurément, vous avez entrepris un travail immense, mais qui venge victorieusement de toutes les calomnies le caractère de cette définition, et qui répand une nouvelle lumière sur la pureté et la sainteté de la doctrine catholique. Nous vous félicitons donc, et Nous vous remercions vivement des deux premiers volumes de votre très savant ouvrage intitulé : La Tradition catholique sur l'Infaillibilité pontificale, dans lesquels vous passez en revue la tradition des dix premiers siècles; Nous vous souhaitons, en même temps, la santé et les forces nécessaires, afin que vous puissiez mener à bonne fin une oeuvre aussi considérable, pour l'honneur de notre sainte religion et de l'Eglise.

Comme présage des célestes faveurs que Nous demandons pour vous, et en témoignage de notre toute particulère bienveillance, Nous vous donnons avec amour, vénérable frère, ainsi qu'au clergé et aux fidèles de votre diocèse, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 19 septembre 1878, la première année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE.

Bref aux RR. PP. Mazella et de Augustinis, professeurs au collège de Woodstook, dans le Maryland, 17 septembre 1878


A nos chers fils en Jésus-Christ, Camille Mazella et Emile M. de Augustinis, professeurs de théologie dogmatique au collège du très Saint-Cœur de Jésus, à Woodstock, Etats-Unis de l'Amérique du Nord.
LÉON XIII, PAPE

Chers fils, salut et bénédiction apostolique

Nous avons reçu avec plaisir les traités de théologie que vous avez publiés jusqu'à ce jour, et Nous les avons eus pour agréables comme expression de votre dévouement et témoignage de votre respect envers Nous et envers ce Siège apostolique. Il est de la plus grande importance, surtout à notre époque, de pénétrer profondément le clergé de pures et solides doctrines. C'est ce qui aura lieu certainement, si la doctrine de saint Thomas fleurit dans vos écoles, comme Nous en avons reçu la nouvelle avec grande joie. Ceci, d'ailleurs convient parfaitement à ceux à qui il est prescrit "de suivre entièrement, dans la théologie scolastique, la doctrine de St Thomas, de l'avoir pour leur propre docteur, et de s'employer de tous leurs efforts à ce que les auditeurs soient le plus possible portés vers lui."

Puisez donc des encouragements pour une œuvre si éminente, dans l’obéissance à la règle, dans l’esprit et les prescriptions de votre législateur et père St Ignace, dans les décrets de vos congrégations, ainsi que dans les désirs et dans les exhortations du Saint-Siège apostolique, qui a approuvé cette doctrine par des éloges spéciaux et éclatants. Nous ne doutons pas qu’en marchant fidèlement sur les traces d’un si grand docteur, vous ne recueillez les fruits les plus heureux et les plus abondants pour la religion et le salut des âmes. L'Eglise de Dieu attend de ce champ d'exercice les plus vaillants soldats pour abattre les erreurs et défendre la cause catholique. Afin que Dieu vous concède avec abondance cette faveur, Nous vous accordons affectueusement, comme présage de la grâce divine, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 27 septembre 1878, de notre pontificat l'an premier.

LÉON XIII, PAPE

Bref à M. l'abbé Benoit, supérieur du pensionnat du Sacré-Cœur à Marseille, pour son livre Saint Grégoire de Nazianze, sa vie, ses œuvres et son époque, 25 septembre 1878

LÉON XIII, PAPE

Cher fils, Salut et Bénédiction apostolique.

Nous avons reçu un agréable témoignage de vos bons sentiments et de votre respect envers Nous dans l'obligeante lettre que vous Nous avez écrite au commencement de ce mois, et dans le présent, qui l'accompagnait, d'un ouvrage dont vous êtes l'auteur et qui a pour titre : Saint Grégoire de Nazianze, sa vie, ses œuvres et son époque.

Nous Nous réjouissons de ce que vous avez employé vos soins et votre talent à faire honorer de plus en plus la mémoire de ce saint et illustre personnage qui a illuminé l'Eglise entière par l'éclat de sa vertu et de sa doctrine, et Nous espérons que votre livre, que vous Nous dites honoré des approbations de plusieurs prélats, sera aussi utile qu'agréable à ceux qui le liront, et les excitera à puiser, dans les œuvres immortelles de ce saint Evêque des trésors de sagesse chrétienne. Il Nous sera certainement très agréable à Nous-même de jouir de votre présent et de lire en entier votre écrit, aussitôt que les soucis qui Nous accablent Nous en laisseront le loisir.

En attendant, Nous vous sommes reconnaissant, comme vous le méritez, de votre bon office, et, priant Dieu qu'il vous garde sous sa sainte protection, Nous vous accordons très affectueusement notre bénédiction apostolique, comme preuve de notre bienveillance.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 25 septembre 1878, la première année de Notre Pontificat.

LÉON XIII, PAPE.

Bref aux RR. PP. Jésuites, professeurs de théologie au collège du Très Saint Cœur de Jésus à Woodstocq, aux Etals- Unis, extrait 27 septembre 1878

[...] Il est de la plus grande importance, surtout à notre époque, de pénétrer profondément le clergé de pures et solides doctrines. C'est ce qui aura lieu certainement, si la doctrine de S. Thomas fleurit dans vos écoles, comme Nous en avons reçu la nouvelle avec grande joie. Cela, d'ailleurs, convient parfaitement à ceux à qui il est ordonné de suivre entièrement, dans la théologie scolastique, la doctrine de S. Thomas, de l'avoir lui-même pour leur propre docteur, et de faire tous leurs efforts pour que les auditeurs soient impressionnés le plus favorablement possible à son égard. [...]

LÉON XIII, PAPE.

Bref à Mgr de Cabrière, évêque de Montpellier, en réponse à l'adresse du Synode de ce diocèse du 2 octobre, 12 octobre 1878

A notre vénérable frère, François-Marie-Anatole, évêque du diocèse dte Montpellier.

LÉON XIII, PAPE

Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.

Nous avons reçu avec satisfaction la lettre que, de concert avec plusieurs membres de votre clergé, dont Nous avons parcouru les signatures, vous Nous avez adressée, à l'occasion de l'assemblée synodale que vous avez récemment tenue.

Nous Nous réjouissons grandement dans le Seigneur, vénérable frère, de ce que, comme vous Nous l'avez écrit, vous avez eu à cœur, en traitant des choses qui concernent le culte divin, la discipline ecclésiastique, les rites sacrés, d'avoir devant les yeux les décrets des souverains Pontifes, les règles canoniques et les lois de cette Eglise romaine, mère et maîtresse de toutes les églises ; en cela certainement, vous Nous avez donné un précieux témoignage de votre soumission et de votre dévouement à ce siège apostolique et à son infaillible magistère.

Nous ne doutons pas que ce zèle empressé, qui vous honore autant qu'il Nous console, ne vous attire à tous abondamment les grâces et les secours du Prince éternel des pasteurs.

Tandis que la malice de nos temps nous présage de nouvelles tempêtes, il Nous est agréable, vénérable frère, de vous voir placer fermement votre confiance dans le Seigneur, et ne pas cesser de prier pour l'Eglise et pour Nous, afin que Dieu Nous dispense les consolations si désirées de sa miséricordieuse protection.

En échange de ces sentiments, Nous vous adressons du fond du cœur le témoignage de notre dilection, et Nous prions Dieu à notre tour de répandre sur vous les richesses de sa bonté.

Enfin, comme présage de toutes ces grâces et comme signe de notre sincère bienveillance, recevez la bénédiction apostolique que Nous vous accordons très affectueusement, à vous, vénérable frère, à tout votre clergé et à tous vos fidèles.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 12 octobre 1878, de notre pontificat la première année.

LÉON XIII, PAPE

Bref à M. l'abbé Martigny, auteur du Dictionnaire des antiquités chrétiennes, 3 décembre 1878


LÉON XIII, PAPE

Cher fils, salut et bénédiction apostolique,

Il ne peut rien Nous arriver de plus doux et de plus agréable que d'élever aux honneurs les membres du clergé qui s'adonnent aux diverses branches des sciences sacrées, et, par les livres qu'ils mettent au jour, non-seulement aident eux-mêmes aux progrès de ces études, mais sont encore pour les autres un exemple et un encouragement qui porte il les cultiver et à en procurer l'avancement. Ce qui prouve surtout que vous êtes du nombre de ces hommes, c'est qu'après de très doctes et très laborieuses recherches sur les monuments des premiers chrétiens, vous avez fait paraître plusieurs écrits dignes d'éloge et dont l'utilité est incontestable, vous avez principalement composé un Dictionnaire des antiquités chrétiennes, vous avez pour ainsi dire fait revivre à nos yeux, par la justesse de vos réflexions et de vos explications, les origines de l'Eglise catholique, les mœurs et tous les monuments enfin de ces premiers temps, objet spécial de vos travaux, œuvre très-importante assurément, mais aussi bien digne d'un savant et en particulier d'un prêtre.

C'est là en vérité, fils bien-aimé, ce qui non-seulement honore votre personne, mais encore tourne à la gloire du clergé même de l'église de Belley. Comme il avait vu dans ce siècle sortir de son sein plusieurs hommes très doctes et très versés dans les sciences sacrées, vous avez marché sur leurs traces, et votre exemple a été comme un aiguillon excitant les autres à l'amour des études ecclésiastiques. Tout cela, votre révérendissime père et seigneur de Belley Nous l'a confirmé très récemment de tout le poids de son témoignage, qu'il Nous a donné avec la plus grande satisfaction.

C'est pourquoi, afin, de récompenser vos travaux sur un sujet d'une telle importance, votre foi, votre piété, votre respect pour ce siège apostolique, Nous avons voulu manifester notre bienveillance à votre égard et en donner une marque qui eût quelque rapport avec le soin que vous avez pris de mettre en lumière les monuments de la primitive Eglise. Voulant donc vous honorer d'une haute dignité, Nous vous, délions et vous absolvons, à cet effet seulement, de toutes les sentences d'excommunication et d'interdit ou autres sentences ecclésiastiques, ainsi que des censures et des peines, de quelle manière ou pour quelle raison qu'elles aient été portées contre vous, si par hasard vous en avez encouru quelques-unes, et par notre autorité apostolique, en vertu des présentes lettres, Nous vous créons, déclarons et instituons protonotaire apostolique ad instar participantium, mais non du nombre des participants, vous admettant dans le collège illustre de ces prélats.

En conséquence, cher fils, Nous vous conférons et vous accordons tous les droits, honneurs, privilèges, prérogatives, prééminences, indults dont usent et jouissent ceux qui sont revêtus de cette dignité, toutefois suivant la récente constitution de Pie IX, notre prédécesseur de très sainte mémoire, touchant les privilèges des protonotaires apostoliques ad instar, constitution qui commence par ces mots : « Apostolicae sedis officium », et a été publiée le 4 des kalendes de septembre de l'année 1872. Mais Nous vous ordonnons, avant que vous commenciez à jouir du bénéfice de cette concession, d'avoir soin de présenter ces lettres que Nous vous accordons devant la cour du collège des protonotaires participants, et de prêter le serment de fidélité, par vous-mêmes ou par un procureur légitime, en présence du doyen des protonotaires participants. Nonobstant toutes les constitutions ou les décrets apostoliques et toutes autres dispositions contraires.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 3 décembre 1878, la première année de Notre pontificat.

Pr. D. Card. Asquini
D. Jacobini, subst.

Bref en réponse à l'adresse du Congrès des comités catholiques du Nord et du Pas-de-Calais réunis à Lille, 23 décembre 1878


A notre vénérable frère Gaspard, évêque d'Hébron, président, et à tout le congrès des comités catholiques du Nord et du Pas-de-Calais réuni à Lille.

LÉON XIII, PAPE

Vénérable frère et chers fils, salut et bénédiction apostolique !

Quels sont vos sentiments de dévouement et d'amour envers l'Eglise et ce Siège Apostolique, vénérable frère et fils bien-aimés, quel est votre zèle pour la saine doctrine et pour le salut des âmes, l'Université catholique érigée par vous au prix de tant d'efforts le prouve si bien, les cercles où vous formez la jeunesse à la religion et aux diverses professions chrétiennes l'attestent si clairement le soir que vous prenez des ouvriers et des apprentis le démontre tellement, que tout ce que notre vénérable frère de Lydda Nous a écrit de vos excellentes dépositions d’âme, et tout ce que vous professez vous-mêmes dans votre adresse, est de beaucoup dépassé par la vue des faits.

Votre Assemblée même en est la preuve. Car, certainement, vous ne vous êtes réunis que pour vous occuper de ces affaires ; que pour rechercher les moyens de développer et de propager vos œuvres ; que pour surmonter les difficultés inséparables de toute entreprise utile ; que pour délibérer sur la meilleure méthode de préserver le peuple de la corruption, de faire pénétrer plus profondément la saine doctrine dans les âmes, d'inspirer à vos jeunes protégés un plus vif amour de la religion, de les rattacher par une obéissance plus complète à ce centre de l'unité catholique, de pourvoir enfin plus efficacement, par cette vigilante direction, aux intérêts de l'Eglise persécutée et de la patrie en péril.

Or ce que vous recherchez et décidez avec tant de soin dans vos congrès, vous le mettez ensuite à exécution et vous le réalisez avec non moins d'empressement. Ni les incommodités des voyages, ni les travaux, ni les ennuis, ni les dépenses ne vous arrêtent ; en sorte que les lumineux exemples de votre piété et de votre zèle, de votre constance et de votre libéralité, joints à votre sage direction, communiquent au peuple lui-même votre ardeur et vos goûts.

Nous recevons donc, avec la plus grande reconnaissance, les devoirs que vous Nous rendez ; et Nous vous félicitons de tout cœur, vous qui défendez si bien la cause de Dieu et de l'Eglise, et qui vous montrez si attachés à ce siège apostolique, non seulement par l'affection, mais encore parles œuvres et par de généreux secours.

Que Dieu, en vous récompensant de votre charité, se serve d'une mesure pressée, entassée et surabondante ; et que le gage de ses faveurs à votre égard, vénérable frère et fils bien-aimés, soit la bénédiction apostolique que Nous accordons très affectueusement à chacun de vous, en témoignage de notre bienveillance.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 23 décembre de l'année 1878, la première de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE

Bref à Mgr de Ségur pour son livre Les trois roses des élus, 3 février1879


LÉON XIII, PAPE

Cher fils, salut et bénédiction apostolique.

Vous n'ignorez pas, cher fils, que vos hommages Nous sont bien chers et toujours très agréables ; aussi n'aurez-vous point de peine à croire que Nous les avons reçus avec grand plaisir lors des dernières fêtes de Noël, d'autant plus que vous les avez embaumés, cette fois, du suave parfum, des roses du ciel. Rien, à coup sûr, na pouvait être plus opportun, en face de l'ignorance si générale aujourd'hui touchant les choses spirituelles et l'indifférence qui règne dans le monde à cet égard.

C'est à pleines mains que vous avez coutume de répandre parmi le peuple ces sortes de petites fleurs, dont le parfum est si bien approprié à l'odorat de tous et de chacun, qu'il réveille les uns de leur torpeur, et retire Ies autres de l'infection du vice pour les attirer à la pratique des vertus et à l'amour de la piété.

Or, aujourd'hui que la foi, ébranlée par mille et mille artifices, est devenue chancelante en bien des cœurs, aujourd'hui que l'erreur lève impunément la tête, enveloppant les âmes dans ses filets, les faisant tomber dans les plus honteuses défaillances, pour les jeter finalement dans le désespoir et leur inoculer la haine de Jésus-Christ et de l'Eglise, vous avez eu à coup sûr une inspiration très heureuse quand vous avez tâché de retourner les esprits et les cœurs vers cette chaire de vérité à qui a été confiée la garde de la foi. C'est également fort à propos que vous les excitez à l’amour de la bienheureuse Vierge. Car si Marie est terrible comme une armée rangée en bataille lorsqu'il s'agit d'exterminer l'hérésie sous toutes ses formes, elle nous apparaît comme la plus douce, la plus tendre des mères à l'égard des pauvres pécheurs qui recourent à elle : elle les relève par l'espoir du pardon, elle les réconcilie avec son Fils ; bien plus, comme elle est la Mère du saint amour, elle leur rappelle la charité infinie du Sauveur, ainsi que ses ineffables bienfaits, elle leur arrache de douces larmes de pénitence, elle ne se borne pas à éteindre dans leur cœurs la haine impie qu'ils avaient conçue contre son divin Fils et contre l'Eglise, son Epouse : elle la transforme en un ardent amour.

C'est pourquoi Nous souhaitons à votre nouveau travail d'abondants fruits de salut, en même temps que Nous vous félicitons du bien qu'ont déjà fait vos précédents opuscules. Nous applaudissons à votre constante et infatigable activité, ainsi qu'au vœu que vous formez pour la pleine et solide formation des clercs, vœu qui répond si bien au désir que Nous avons Nous-même si-nettement manifesté.

Que Dieu vous accords ce que désire cœur, et qu'il exauce toutes vos demandes ! En attendant, comme gage de ses faveurs, recevez la Bénédiction apostolique que Nous vous donnons avec grand amour, cher fils, en témoignage de notre paternelle et toute spéciale bienveillance.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 3 février 1879, en la première année de notre Pontificat.

LÉON XIII, PAPE

Bref du Pape Léon XIII en faveur de la confrérie du vœu national, 4 mars1879


LÉON XIII, PAPE POUR EN PERPÉTUER LE SOUVENIR

Au siècle dernier, le 27 avril 1761, les très éminents cardinaux de la congrégation des Indulgences et des Reliques prirent soin de rendre un décret par lequel il était établi que toute association canoniquement et légitimement instituée ne pourrait agréger que les fidèles qui donneraient leur nom en se présentant personnellement. Ce décret a été récemment renouvelé par les vénérables et éminentissimes cardinaux de la sainte Eglise romaine de la même congrégation, le 13 avril de l'année dernière, et confirmé par Nous. Néanmoins les directeurs de la pieuse association appelée Sainte Ligue du Vœu national au Sacré-Cœur de Jésus, légitimement établie en France, s'appuyant sur des motifs raisonnables, Nous ont supplié de supprimer cette limitation et de daigner les dispenser avec bienveillance de la règle ci-dessus mentionnée.

Persuadé qu'il résulterait un grand avantage pour l'accomplissement de ce vœu national si louable, si Nous donnions toute facilité pour l'inscription des noms, Nous avons cru devoir accueillir favorablement la demande qui Nous était adressée. C'est pourquoi, Nous confiant en la miséricorde du Dieu tout-puissant et en l'autorité de ses saints apôtres Pierre et Paul, voulant combler dans le Seigneur ladite pieuse association de grâces et de faveurs spéciales, de notre autorité apostolique, en vertu des présentes, Nous concédons et accordons à cette pieuse association le pouvoir et la faculté d'admettre et d'inscrire librement et licitement parmi ses membres les fidèles qui en feront la demande par écrit, pourvu qu'il se trouvent en France ou dans, ses possessions, et qu'une cause légitime les dispense de se présenter eux-mêmes. Non obstant la règle de la chancellerie apostolique, qui est aussi la nôtre, de ne pas accorder des indulgences ad instar, toutes les autres constitutions et ordonnances apostoliques, surtout le décret ci-dessus mentionné et toutes autres choses contraires.— Les présentes concessions sont accordées à perpétuité.

Nous voulons que l'on accepte avec la même confiance que l'on donnerait à l'exemplaire original de ces lettres toute reproduction manuscrite ou imprimée, signée par un notaire public et munie du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique.

Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, sous l'anneau du pêcheur, le 4 mars 1879, de notre pontificat la deuxième année.

Pour le cardinal Caraffa de Traette.
Signé,
D. Jacobini, subst.
Vu, pour être mis à exécution.
Signé, J. Hipp ., Card. Guibert , archevêque de Paris.

Bref du Pape Léon XIII à Mgr Mermillod, évêque d’Hébron Vicaire Apostolique de Genève, 10 mars1879


A notre vénérable frère Gaspard, évêque d'Hébron, vicaire apostolique de Genève

LEON XIII, PAPE


Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique. Nous savions parfaitement déjà, vénérable frère, qu'exilé depuis longtemps du siège de Genève, vous vous dépensiez , tout entier à défendre et à développer la religion dans ce pays, que le clergé, soutenu par vos soins et guidé par votre direction et vos instructions, correspond admirablement à votre sollicitude pastorale, que les populations quoique opprimées supportent les épreuves avec patience, qu'elles ne revendiquent leurs droits que pacifiquement, et conservent la plus inviolable fidélité à la religion de leurs pères. Nous savions aussi que tous vous êtes unis dans une mutuelle charité, n'ayant tous qu'une même appréciation des choses, un même attachement filial au Saint-Siège et à notre personne.

Vos lettres, celles de votre clergé, et ensuite nos entretiens avec vous, nous ont bien mieux encore et plus clairement démontré toutes ces choses.

C'est, pourquoi Nous vous félicitons, vous qui, debout dans l'exil, debout devant toute douleur, avez toujours mis la même vigilance à remplir tous les devoirs de votre charge pastorale, soit en défendant les droits et les lois de l'Eglise, soit en pour voyant aux besoins de votre clergé réduit à l'indigence, soit en excitant, en promouvant par ses soins, en même temps que par vos écrits et vos instructions, la piété des fidèles.

Nous félicitons ce clergé qui, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, non- seulement supporte avec courage toutes les adversités et fait face à tout péril, mais qui, pour une aussi noble cause, se déclare disposé à subir des épreuves plus rudes encore.

Enfin Nous félicitons les populations qui se montrent très attachées au clergé et dociles à ses enseignements, et qui, dépossédées de leurs églises et privées de l'exercice libre et public de leur religion, se rendent, de toutes parts, avec le plus grand zèle dans les pauvres habitations, où se célèbrent les offices divins.

Cette conduite, assurément, démontre encore mieux que les paroles les plus éloquentes combien grande est chez vous la foi, combien grand et inébranlable l'attachement à la chaire de Pierre, combien grand l'empressement à déférer à nos vœux.
Vous, vénérable frère, encouragez en notre nom ce clergé d'élite, ces excellentes populations. Dites-leur quel amour pour eux excite en Nous cette admirable piété, dites-leur combien Nous espérons que, persévérant dans leur ferme attitude, ils recevront la récompense la plus grande de Celui qu'ils confessent avec tant de constance devant les hommes, d'autant plus que leur courageux exemple est une lumière pour leurs frères éprouvés, et une gloire nouvelle pour l'Eglise.

Que Dieu vous soit propice, à vous et à eux, qu'il vous conserve tous pour de meilleurs temps et pour les joies du triomphe de la vérité ; que, jusque-là, il répande abondamment sur vous les dons de sa grâce ; recevez-en comme un gage, et comme des prémices dans la bénédiction apostolique que Nous vous accordons avec l'affection la plus vive, et en témoignage de notre particulière bienveillance, à vous, à votre clergé et aux populations confiées à vos soins. Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, le 10 mars 1879, la seconde année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE

Bref à Mme veuve Marty, 7 avril 1879


A notre chère fille, en Jésus-Christ, Mme veuve B. Marty.
LÉON XIII, PAPE

Chère fille en Jésus-Christ, salut et bénédiction apostolique.

Nous avons reçu avec une grande satisfaction, chère fille en Jésus-Christ, et l'ouvrage composé par votre mari sur : Les Chrétiens Illustres, depuis la prédication de l'Evangile jusqu'à l'invasion des Barbares, et celui que votre fils a publié à la gloire de la Mère de Dieu, sous ce titre : Stella matutina.

Bien que les très lourdes sollicitudes dont Nous sommes accablé ne Nous aient pas encore permis de parcourir les volumes offerts, Nous pouvons cependant Nous réjouir de leur mérite incontestable, en voyant l'approbation générale qu'ils ont obtenue, spécialement de la part des évêques, dont l'un n'a pas hésité à écrire que la diffusion de ces ouvrages ne saurait être trop encouragée. Nous apprenons d'ailleurs que ce sentiment reçoit la confirmation la plus formelle des éditions si nombreuses qui ont été faites des deux écrits. Nous vous félicitons donc, chère fille en Jésus-Christ, d'avoir eu, par une faveur de la Providence, un époux et un fils qui ont si bien mérité de l'Eglise et du prochain, et qui, après la perte que vous en avez faite, sont non-seulement votre, gloire, mais votre joie, autant que s'ils vivaient encore ; car vous les retrouvez présents chaque jour, dans les fruits chaque jour recueillis de leurs travaux.

Que Pieu fasse croître de jour en jour cette semence de leur justice, pour l'utilité des fidèles ; qu'il favorise en même temps vos pieux efforts, et qu'il vous comble sans cesse de dons plus abondants. Puissiez-vous en trouver l'assurance dans la bénédiction apostolique que vous demandez pour vous et pour votre œuvre, et que Nous vous accordons du fond du cœur, chère fille en Jésus-Christ, comme témoignage de notre bienveillance paternelle et de notre gratitude.

A Rome, près Saint-Pierre, le 7 avril 1879, seconde année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE

Bref à Mgr Henry Sauvé, recteur, et aux professeurs de l’université catholique d'Angers, 21 avril 1879


A nos chers fils, Henry Sauvé, prélat de notre maison, recteur de l’université d'Angers, et aux professeurs d'Angers.

LÉON XIII, PAPE

Chers fils, salut et bénédiction apostolique,

Si les sentiments d'obéissance, de dévouement et d'amour que vous avez confiés à votre lettre Nous sont toujours agréables de la part d'un fidèle quelconque, ils Nous réjouissent pleinement et Nous réconfortent, quand ils sont exprimés par ceux qui travaillent à former la jeunesse à la religion, à la vertu, à la science. Car plus Nous déplorons que, de différents côtés, on gâte l'adolescence par des doctrines perverses et impies, en Nous rappelant cet oracle divin : Celui qui a grandi dans sa voie, ne s'en écartera pas, même en étant devenu vieux ; plus aussi Nous éprouvons une douce jouissance lorsque Nous apprenons que de jeunes auditeurs ont été confiés à des professeurs vraiment catholiques et imbus d'une saine et solide doctrine, qui leur apprennent les belles-lettres et la science, puisées à des sources pures, non-seulement exemptes de toute souillure des erreurs, mais de plus entièrement conformes aux enseignements de cette Chaire de vérité.

Mais Nous vous félicitons encore de ce que vous avez résolu de suivre le Docteur Angélique, sous la conduite duquel vous pourrez, avec une marche sûre et un grand profit pour les étudiants, exposer les plus hautes sciences et réfuter les erreurs qui se répandent ; car on trouve en lui pour les écraser toute l'armure des forts. Une pareille éducation de la jeunesse produira certainement des fruits abondants, pour vous-même, pour la religion et pour votre patrie. Quant à Nous, Nous désirons qu'ils répondent le plus amplement possible à vos travaux, et Nous le demandons à Dieu dans nos prières. Comme gage de cette faveur et comme témoignage de cette paternelle bienveillance, Nous vous donnons très affectueusement la bénédiction apostolique, à chacun de vous, chers fils, et à chacun de vos auditeurs.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 21 avril 1879, de notre Pontificat la 2e année.

LÉON XIII, PAPE

Bref à Mgr Langénieux, Archevêque de Reims, 21 avril 1879


A notre vénérable Frère Benoît-Marie Langénieux, Archevêquede Reims. 

LÉON XIII, PAPE, 

Vénérable Frère, salut et bénédic tion apostolique. 

C'est àvjuste titre, vénérable Frère, que vous Nous avez recommandé l'œuvre entreprise par les pieux frères Harmel. C'est dans votre diocèse, au Val-des-Bois, qu'avec le concours des congrégations régulières, ils ont si bien organisé les nombreux ouvriers de leurs usines, selon les lois de la religion et de la vertu que, par ce fait, ils démontrent évidemment à la société, mise en péril surtout par la question ouvrière, que la piété est utile à tout et que c'est uniquement de l'observation des lois de Dieu et de l'Eglise qu'on doit attendre le rétablissement de l'ordre et de la tranquillité. 

En proclamant la charité chrétienne des patrons, en mettant au grand jour leur constante sollicitude, ce splendide succès montre aussi à tous les hommes de même condition le seul moyen efficace capable d'adoucir le cœur ulcéré du pauvre, de comprimer les désirs jaloux, de former les mœurs, de changer en un mutuel amour les dissensions et les haines. 

Aussi, félicitons-Nous les excellents patrons qui ont entrepris et exécuté une œuvre si remarquable. Nous félicitons les ouvriers qui se sont montrés dociles à leur parole, et Nous exhortons tous les maîtres et tous les ouvriers des grandes usines, dans l'intérêt de la religion et de la patrie, aussi bien que dans leur intérêt propre, à considérer l'ordre, la paix, la charité mutuelle qui régnent dans les ateliers du Val-dosBois, et à s'efforcer de suivre un si bel exemple. 

Nous ne félicitons pas moins les jeunes filles de ce pays qui se sont réunies sous les noms divers d'enfants de Marie, d'Association des SS. Anges, des Filles de la Charité, afin de rendre aux personnes de leur sexe les mêmes services que les patrons rendent aux hommes. Nous donnons les mêmes félicitations à l'Association des mères de famille qui, pour assurer à leurs enfants et aux enfants des autres une éducation catholique, pour préparer de bons fils à l'Eglise et à la patrie des citoyens utiles, emploient tout leur pouvoir afm de les soustraire à tout danger de corruption.

Assurément, tous ceux qui consacrent à une œuvre si noble, à une entreprise si utile, leurs forces et leur fortune, et qui par là méritent si bien de Dieu, du prochain, de la société civile et religieuse, ne peuvent manquer de s'attirer des éloges de tous les honnêtes gens, et ils ont lieu d'espérer de la libéralité divine, ici-bas et au ciel, une très grande récompense, double bien que Nous leur souhaitons de tout coeur. 

Mais en attendant, comme gage de la faveur d'en haut et comme témoignage de notre paternelle bienveillance, Nous leur accordons très affectueusement à tous et à chacun notre bénédiction apostolique. 

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le vingt-et-unième jour d'avril 1879, la deuxième année de notre pontificat. 

LÉON XIII, PAPE

Bref aux chanoines de la cathédrale d'Angers, 5 mai 1879


A nos chers fils les chanoines de l'église cathédrale d'Angers.

LÉON XIII, PAPE

Chers fils, salut et bénédiction apostolique,

Connaissant depuis longtemps par quel dévouement pieux les Angevins sont attachés à la Chaire de Pierre, il Nous a été très agréable d'entendre de nouveau votre éloge de la bouche de votre illustre évêque, et de voir cet éloge clairement confirmé par les sentiments de foi dont votre lettre était remplie.

En considérant soit les fastes anciens de votre Eglise, soit ses œuvres récentes, surtout en ces temps si difficiles, Nous ne pouvions douter que vous ne fussiez avec ce Siège apostolique, prêts à combattre avec courage et constance pour sa liberté et ses droits, de même que pour la liberté et les droits de toute l'Eglise. Cependant Nous n'en avons pas moins, lu avec plaisir et consolation les paroles pressantes par les quelles vous Nous demandez surtout notre bénédiction, afin d'être fortifiés pour combattre plus vaillamment les bons combats du Seigneur, pour travailler plus sûrement à votre sanctification et pour remplir avec plus d'ardeur tous les devoirs de votre ministère.

Que Dieu vous donne dans une large mesure les forces et la grâce que vous demandez si instamment; qu'il accorde à vos travaux des fruits abondants et une magnifique récompense à vos bons désirs et à vos œuvres !

Recevez cependant, comme un augure des faveurs célestes, la bénédiction apostolique que Nous donnons de grand cœur à chacun de vous, chers fils, comme gage de notre bienveillance paternelle.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 5 mai de l'an 1879, la deuxième année de notre pontificat. 

LÉON XIII, PAPE

Bref aux évêques de l'église Arménienne, 7 mai 1879


A nos vénérables frères Etienne, archevêque de Nicosie i. p. i., Théodore, archevêque d'Adana ; Etienne, évêque d'Erzeroum, et à nos autres chers fils du clergé et des fidèles de l'Eglise arménienne, à Constantinople. 
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LÉON XIII, PAPE

Vénérables frères et chers fils, salut et bénédiction apostolique. 
Nous avons reçu avec bienveillance les sentiments de gratitude que vous Nous avez exprimés, dans votre lettre du 6 avril dernier, pour les soins que ce Saint-Siège a pris de vous faire rendre par le gouvernement ottoman ce que le droit et la raison demandaient. Nous avons rendu de nouvelles actions de grâces au Père des miséricordes, qui a daigné regarder avec bonté consoler l'Eglise arménienne, après tant de tribulations. Nous ne doutons pas que vous aussi, vénérables frères et chers fils, ne remplissiez constamment ce pieux devoir, et nous avons la ferme confiance que cet heureux événement vous encouragera fortement à vous maintenir toujours attachés à ce Siège apostolique avec toute l'ardeur et tout le zèle possibles. Vous avez remarqué sa sollicitude à chercher votre avantage et à prendre soin de vos intérêts, ainsi que la protection et l'assistance divines qu'obtiennent de la divine bonté ceux qui rendent fidèlement au Saint-Siège l'obéissance qui lui est duc.

Quant aux vœux que vous adressez à Dieu pour la conversion de vos frères égarés, ils Nous prouvent votre piété, et Nous leur joignons volontiers nos prières pour demander à Dieu qu'il éclaire de sa lumière ceux qui se tiennent dans la voie de la perdition, et qu'il daigne les faire revenir à l'unité catholique, où ils trouveront la paix véritable et l'heureux port du salut.

En attendant, vénérables frères et chers fils, Nous implorons sur vous tous, du fond du cœur, la plénitude des grâces célestes, afin que vous puissiez servir fidèlement Dieu et l'Eglise, et Nous désirons que vous receviez, comme présage de ces faveurs et comme gage de notre sincère affection, la bénédiction apostolique que Nous accordons très affectueusement à chacun de vous tous et à vos familles. 
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 7 mai 1879, en la deuxième année de notre pontificat. 

 

LÉON XIII, PAPE

Bref à l'assemblée générale des catholiques allemands à Aix-la-Chapelle, 10 août  1879


Très chers fils, salut et bénédiction apostolique.

Nous avons reçu avec d'autant plus de joie la nouvelle de la vingt-sixième assemblée générale qui doit avoir lieu cette année à Aix-la-Chapelle, que Nous connaissons les grands avantages qui ont été obtenus pour notre sainte religion par les réunions antérieures. Nous nous réjouissons de voir que ceux qui ont été chargés de prendre les mesures préparatoires pour cette assemblée, ont commencé leurs efforts par là où toutes les réunions catholiques doivent chercher leur force et leur règle. Tous les membres du corps mystique du Christ doivent, en effet, demander cette force et cette règle à ce siège de saint Pierre ; afin de pouvoir disposer avec justice et sagesse, et conduire au but espéré pour la défense de l'Eglise et pour le salut des âmes, tout ce qu'elles entreprennent en l'honneur de Dieu.

Nous supplions donc Dieu d'accorder abondamment à votre assemblée son inspiration et sa grâce divine afin qu'elle puisse non seulement continuer avec succès ses travaux déjà commencés, mais encore connaître s'il y a quelque chose à changer, à limiter ou à ajouter, et afin qu'elle soit en état de prendre et de réaliser les mesures nécessaires pour bien mériter de la religion et de la patrie. 

Que Dieu veuille bénir, ainsi que Nous le supplions, vos travaux et leur accorder ce succès. Nous vous donnons, cher fils et à toute l'assemblée générale Notre Bénédiction apostolique comme gage de Notre affection paternelle. 

Donné à Rome, près Saint Pierre le 10 août 1879.
  

LÉON XIII, PAPE

Bref aux Rédemptoristes pour la traduction en français des oeuvres de St Alphonse-Marie de Liguori, 28 août  1879


A nos très chers fils Léopold-Joseph Dujardin et Jules-Jacques, prêtres de la congrégation du très saint Rédempteur, Léon XIII, Pape, salut et bénédiction apostolique.

Bien que les œuvres du saint docteur Alphonse-Marie de Liguori soient déjà, pour le plus grand bien de la religion, répandues dans l'univers entier, il est cependant à souhaiter, très chers fils, qu'elles se propagent de plus en plus et qu'elles en viennent à se trouver entre toutes les mains. Car ce grand docteur a su, avec une rare habileté, mettre à la portée de tous les esprits les vérités catholiques, tracer à tous les plus sages règles de conduite, exciter d'une façon merveilleuse la piété chrétienne, et montrer aux malheureux, errant dans la profonde nuit du siècle, une route pour échapper à la puissance des ténèbres et passer enfin dans la lumière et dans le royaume de Dieu.

Et de fait, il a, par les arguments les plus solides, mis la révélation divine à couvert de toutes les attaques des déistes ; il a défendu avec vigueur la vérité de notre foi ; il a victorieusement démontré l'Immaculée-Conception de la Mère de Dieu ; il a combattu avec une force incomparable en faveur de la primauté du Pontife romain et de son infaillible magistère ; avec autant de piété que de science, il a fait ressortir le plan de la divine Providence dans ce grand œuvre du salut des hommes opéré par Jésus-Christ ; dans des commentaires très propres à nourrir la piété du clergé, il a expliqué les psaumes et les cantiques sacrés ; il a fait éclater la gloire de l'Eglise dans le récit des triomphes des martyrs ; en publiant son Histoire des hérésies et son Œuvre dogmatique, il a porté de rudes coups à toutes les hérésies ; mais il a surtout écrasé les erreurs du jansénisme et du fébronianisme, alors dans toute la force de leur expansion, et portant déjà en elles les germes funestes de cette multitude de monstrueuses opinions qui, aujourd'hui, ébranlent jusque clans leur fondements la société civile et religieuse. Ces désastreuses conséquences du jansénisme et du fébronianisme, le saint auteur avec une rare perspicacité, les avait entrevues et dès lors il les avait combattues ; aussi voit-on que la plupart des propositions condamnées dans le Syllabus se trouvent nommément réfutées dans ses écrits. Bien plus, « on peut affirmer en toute vérité qu'il n'y a aucune erreur de notre temps dont Alphonse n'ait du moins en partie démontré la fausseté ». Enfin, sans parler ici de sa théologie morale, de cette œuvre si célèbre dans l'univers entier et qui trace aux directeurs des âmes une règle si parfaitement sûre, il a publié, au milieu du refroidissement général de la charité, de nombreux et savants ouvrages ascétiques, qui, semblables à autant de foyers brûlants, la raniment, l'entretiennent et accroissent les ardeurs ; mais c'est surtout l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa très douce Mère, qu'il sait, pour le plus grand avantage des fidèles, allumer jusque dans les cœurs les plus glacés. « Ce qu'il y a toutefois de plus remarquable c'est que, malgré leur grand nombre, tous ses ouvrages peuvent, sans l'ombre d'un danger, être parcourus par les fidèles, ainsi qu'il a été reconnu après les plus sérieux examens. »

Nous Nous réjouissons donc, bien chers fils, de ce que vous avez traduit en français tous les ouvrages dogmatiques et ascétiques publiés soit en italien, soit en latin, par votre très saint et très savant fondateur. Nous Nous en réjouissons parce que la langue française, comprise de presque tous les peuples, pourra porter plus loin le fruit des travaux de l'illustre docteur. Nous Nous en réjouissons parce que, pour une tâche aussi difficile, c'est vous qui avez été choisis, vous qui ayant à indiquer préalablement le caractère, la doctrine, la sainteté des ouvrages d'Alphonse, êtes à même, mieux que tout autre, en votre qualité de fils, de saisir plus facilement et plus complètement la pensée de votre bienheureux Père. Mais c'est encore à un titre tout particulier que Nous Nous réjouissons de votre entreprise : souvent, dans ses écrits, le saint auteur se glorifie de suivre la doctrine de l'Ange de l'Ecole ; or, un tel hommage rendu par le docteur le plus rapproché de notre époque ajoute un nouveau lustre à la gloire de l'enseignement de saint Thomas ; c'est un encouragement à la restauration de la philosophie chrétienne suivant l'esprit du Docteur angélique que, dans Nos dernières lettres encycliques, Nous avons si fortement recommandée. Aussi, souhaitons-Nous à cette nouvelle édition des œuvres de saint Alphonse le plus heureux succès, un succès qui réponde pleinement à Nos vœux et aux vôtres.

Et en attendant, comme présage de la faveur céleste, et comme gage de notre paternelle bienveillance, Nous vous accordons très affectueusement, à vous et à toute la congrégation du T. S. Rédempteur, notre bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 28 août 1879, en la deuxième année de notre pontificat. 

LÉON XIII, PAPE

Bref au Supérieur général de l'Archiconfrérie de Notre-Dame du Sacré-Coeur, 4 septembre 1879


A notre cher fils Jules Chevalier, supérieur général de la congrégation des missionnaires du Sacré-Cœur, à Issoudun.

LÉON XIII, PAPE

Cher fils, salut et bénédiction apostolique.

Nous vous félicitons cher fils, de ce que la pieuse association, fondée par votre congrégation, en l'honneur de la Vierge, sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur, a tellement plu à la Mère de Dieu que, par son secours, elle s'est, rapidement propagée dans les contrées les plus lointaines, et qu'elle compte déjà dans le monde quinze millions d'associés. L'admirable rapidité et le développement considérable de cette œuvre ne peuvent être attribués, en effet, qu'au secours très puissant de la Vierge, si l'on considère soit l'accueil favorable que cette association a rencontré auprès de tous les évêques aussitôt que la connaissance leur en est par venue, soit les louanges et les faveurs spirituelles dont elle a été honorée par la Saint-Siège, soit l'abondance extraordinaire de prodiges dont le Ciel a récompensé la confiance des fidèles implorant le secours de la Mère de Dieu sous le titre proposé, soit, enfin, l'œuvre entreprise par vous dans le dessein de remédier à la rareté toujours croissante du clergé par la petite œuvre du Sacré-Cœur, laquelle, si vous avez raison de l'appeler petite, à cause de la petitesse à peine croyable de l'offrande d'un sou par an, recueilli pour nourrir et élever les meilleurs enfants choisis dans les rangs pauvres et humbles du peuple, afin de les rendre capables de remplir un jour le sacré ministère, a obtenu néanmoins un succès si grand et si inespéré que, dans l'espace de douze ans, vous avez pu admettre déjà quatre-vingts élèves destinés, à l’état ecclésiastique.

C'est pourquoi Nous ayons accueilli très volontiers le volume dans lequel, cher fils vous racontez les commencements de l'association, ses progrès, ses fruits, et vous exposez les raisons de ce titre spécial : Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Révéler les œuvres de Dieu et faire connaître au public les preuves évidentes du patronage de Marie sur son association, sera, Nous le pensons, une œuvre très, agréable à la Vierge et un moyen, Nous le croyons, non moins opportun pour fortifier la foi au milieu de tant de périls que pour exciter la confiance et augmenter de plus en plus la dévotion envers cette Mère pleine d’amour, afin qu'elle puisse détourner de nous la colère divine.
En souhaitant au livre que vous Nous avez offert un si heureux résultat, Nous vous accordons très affectueusement, comme présage de la faveur d'en haut, et témoignage de la bienveillance paternelle et de la gratitude de notre cœur, la bénédiction apostolique, à vous, cher fils, à toute votre congrégation et à toute la pieuse association de Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 4 septembre 1879, de notre pontificat la 2ième année,

LÉON XIII, PAPE

Bref au cinqième congrès catholique italien, 18 septembre 1879


LÉON XIII PAPE

Chers fils, salut, et bénédiction apostolique.

Vous pourrez facilement comprendre, chers fils, avec quelle grande joie Nous avons reçu par votre lettre l'annonce du nouveau congrès général que vous allez tenir, par l'allégresse et le bonheur que Nous devons éprouver à cause des nombreux avantages que ces congrès procurent à la cause catholique. Ces avantages résultent spécialement de l'institution des comités régionaux diocésains et paroissiaux, lesquels, ordonnés avec une grande sagesse et animés d'une grande prudence, s’étant accrus chaque jour de plus en plus, ont pu ainsi aplanir la voie à ce nouveau congrès général, dont Nous attendons avec certitude des fruits excellents. C'est ainsi que, rassemblés et conduits par le zèle accoutumé de votre piété sous la direction de l'autorité ecclésiastique, pour travailler à la gloire de Dieu, au triomphe de l'Eglise et au salut des âmes, vous serez nécessairement amenés à affermir et développer tout ce que vous avez établi jusqu'ici et à exciter le peuple à défendre sa foi avec un dévouement toujours croissant.

Assurément, si ce congrès voit dans la chaire de Pierre son principal soutien en s'attachant à elle de plus en plus, il déploiera son saint drapeau en faisant davantage régner la concorde et, se servant de tous les moyens honnêtes non prohibés par les lois et approuvés par le souverain Pontife, il s'efforcera de remettre en vigueur les droits anciens du Pape afin qu'il puisse en user pour apporter des remèdes opportuns aux maux si grands dont l'Italie est affligée. Vous savez tous comment notre patrie domina pendant longtemps les autres nations, grâce à l'honneur qui lui revenait du siège pontifical, lequel ne connaissent sur la terre d'autres limites à sa divine juridiction que celles du globe, ne peut assurément se comparer à aucun autre. Il faudrait ne pas connaître un mot d'histoire pour ignorer le puissant secours que ce territoire a reçu des souverains Pontifes, même dans les circonstances les plus difficiles, et les immenses bienfaits dont elle a été dotée par eux au profit des mœurs, des lois, de l'agriculture, des lettres et des arts, ainsi que des institutions d'utilité publique. Le sentiment de leur propre gloire et celui de la reconnaissance s'unissent donc pour allumer dans le cœur des Italiens le noble désir de restaurer autant que possible l'intégrité et la plénitude de cette liberté religieuse et civile, dont le Vicaire du Christ a un besoin absolu pour pouvoir régulièrement accomplir toutes les parties de son suprême ministère et pour procurer le véritable bien des peuples.

C'est pourquoi ce vain masque de liberté, que des hommes fourbes ne cessent d'exalter, ne sert qu'à recouvrir insidieusement les dures chaînes de la servitude dont les peuples ressentant le poids, non sans re douter des conditions de plus en plus détestables. Nous avons la confiance, chers fils, que, considérant ces choses, vous prendrez des délibérations propres à rendre ce Congrès non moins utile à l'Italie que les précédents, de telle sorte qu'il puisse servir de modèle aux futurs, et que non-seulement il tourne à la vraie gloire de l'Eglise et du nom catholique des Italiens, mais encore qu'il fournisse à la société civile une aide efficace et bien appropriée à ses besoins présents.

En attendant, Nous implorons avec ferveur, les bénédictions de Dieu sur vos travaux et comme signe de sa faveur et gage de notre paternelle bienveillance, Nous accordons de tout cœur notre bénédiction apostolique à chacun de vous, chers fils, et à fous les membres du congrès que vous réunirez prochainement.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 18 septembre 1879, la deuxième année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE

Bref en faveur de l'Université catholique de Lille, 7 octobre 1879


LÉON XIII PAPE

POUR LA FUTURE MÉMOIRE DE LA CHOSE
Appliqué que Nous sommes avec une sainte tendresse à exciter la piété des fidèles et à procurer le salut des âmes en puisant aux célestes trésors de l'Eglise ; à tous et à chacun des fidèles qui, d'une manière quelconque, viendront en aide à l'université catholique de Lille, en France, Nous accordons une indulgence plénière à l'article de la mort, moyennant que, sincèrement contrits et confessés, ils aient reçu le très saint sacrement de l'eucharistie.
Nous accordons également, au nom de Dieu, une indulgence plénière et la rémission de toutes leurs fautes aux fidèles qui, chaque année, après s'être confessés avec un sincère repentir, et avoir reçu la sainte communion, visiteront pieusement l'église de leur paroisse à l'une des fêtes suivantes ;
La Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ ;
Le dimanche de Pâques ;
Le dimanche de la Pentecôte ;
Le jour de l'Immaculée-Conception de la bienheureuse Vierge Marie ;
Le premier dimanche de juillet (Fête patronale de Notre-Dame de la Treille) ;
La fête de Tous les Saints,
Ou un jour quelconque dans l'octave de ces fêtes, à leur choix ; et là, adresseront à Dieu de ferventes prières pour l'union des princes chrétiens, pour l'extirpation des hérésies, pour la conversion des pécheurs et l'exaltation de notre mère la sainte Eglise.
De plus, à tous les prêtres qui s'occupent de propager l'œuvre de ladite, université Nous accordons, de notre autorité apostolique et par la teneur des présentes, pour le temps qu'ils conserveront ces fonctions, mais non pourtant au-delà de dix années, la faveur de l'autel privilégié trois fois par semaine, et voulons que la sainte messe qu'ils célébreront à quelque autel que ce soit, pour les âmes des fidèles qui ont quitté ce monde dans le paix de Dieu, profite aux âmes pour lesquelles il sera offert comme si l'autel était privilégié.
Le tout nonobstant la règle de la chancellerie apostolique et la nôtre concernant les indulgences ad instar, nonobstant aussi toute autre constitution et ordonnance contraire. Les présentes devant valoir pour dix années seulement. Et voulons de plus qu'à toute copie, à tout exemplaire, même imprimé, des présentes lettres, pourvu qu'ils soient revêtus de la signature d'un notaire public et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, on accorde la même foi qu'à la lettre originale elle-même si elle était présentée.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, sous l'anneau du pêcheur, le 16 septembre 1879, la deuxième année de Notre Pontificat.

(Signé) T h ., card. Mertel.
Vu pour être mis à exécution.
Cambrai, le 7 octobre 1879. (Signé) Henri Monnier, évêque de Lydda, v. g.


Bref à Mgr Greith, évêque de Saint-Gall, 23 octobre 1879


LÉON XIII PAPE

Chers fils, salut, et bénédiction apostolique.

Nous avons reçu, en même temps que votre lettre du 25 septembre écoulé, les dons pieux par lesquels le clergé et le peuple fidèle du diocèse de Saint-Gall ont voulu témoigner envers Nous et ce Saint-Siège apostolique de leur amour et de leur vénération. Plus grandes sont les difficultés de la situation où vous vous trouvez, plus aussi, vénérable frère, Nous avons reconnu dans ces offrandes volontaires la charité qui vous a poussé, — oubliant vos propres besoins, — à Nous secourir dans notre détresse. 

C'est pourquoi, vénérable frère, Nous vous gardons au fond de notre cœur une vive reconnaissance pour le présent qui Nous a été envoyé, et vous invitons à exprimer, en notre nom, à tous les pieux donateurs, les sentiments de l'affection paternelle que Nous vous vouons pour votre fidélité et votre dévouement. 

Quant à ce qui regarde la situation de l'Eglise dans votre pays, Nous connaissons toute la gravité de la lutte que vous avez à soutenir, aussi bien que le zèle que vous déployez de concert avec vos confrères pour opposer aux maux présents les remèdes nécessaires, soit par des protestations contre l'injustice, soit par des écrits opportuns adressés aux fidèles pour les fortifier et les protéger contre les embûches de l'ennemi. 

Nous vous exhortons dans le Seigneur à agir avec fermeté et virilement ; à exciter dans ces choses de l'Eglise, qui sont de la plus haute importance, le zèle et l'enthousiasme des gardiens du sanctuaire, et non moins celui des pieux laïques ; à rester inébranlable, mettant toute votre confiance en Dieu, qui ne manquera pas, puisque dans cette lutte il s'agit de sa cause, de vous prêter son tout-puissant secours.

Nous continuons à invoquer de toute notre âme son éternelle bonté et sa miséricorde, afin qu'il vous fortifie dans le combat et vous accorde gracieusement son aide, avec laquelle vous pouvez heureusement triompher des assauts du mal en ces temps.

Donné à Rome près Saint-Pierre, le 23 octobre de l'an 1879.

LÉON XIII, PAPE

Bref à à Mgr de Cabrières, au sujet de sa lettre pastorale sur l'enseignement de la philosophie scolastique, 10 janvier1880


LÉON XIII PAPE

Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique,

C'est avec une douce satisfaction que Nous avons reçu votre lettre du 27 décembre dernier et l'hommage de votre écrit pastoral, publié pour exciter votre clergé à recourir à la sagesse de saint Thomas d'Aquin dans l'étude de la philosophie et de la théologie.

Nous Nous ferons un vrai plaisir, vénérable frère, dès que nos incessantes occupations viendront à Nous le permettre, de parcourir votre travail. En attendant, Nous ne voulons pas omettre de louer en cela votre zèle comme il le mérite. L 'application et l'ardeur que vous montrez sur ce point répondent parfaitement à ce que demandent et l'accomplissement de votre ministère et les besoins du temps. Non-seulement, en effet, de funestes erreurs ont envahi et bouleversé la société humaine ; mais, de plus, l'aveuglement d'un grand nombre en est venu au point qu'on les voit préférer absolument les ténèbres à la lumière.

C'est pourquoi le service que vous rendez par-là, vénérable frère, à l'Eglise et à la société civile, Nous est une cause de très grande joie, et Nous prions Dieu de permettre que les heureux fruits de votre zèle pieux et de celui de tous ceux qui s'appliquent à rétablir et à cultiver la saine doctrine se multiplient et se propagent.

Nous vous témoignons aussi notre reconnaissance pour les vœux que vous avez bien voulu Nous adresser à l'occasion du renouvellement de l'année, et comme présage de la protection divine et en gage de notre affectueuse estime, Nous vous donnons avec un tendre amour la bénédiction apostolique, à vous et à tout le troupeau confié à votre garde.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 10 jan vier 1880, et la deuxième année de notre pontificat.  

LÉON XIII, PAPE

Bref à Mgr Turinaz, évêque de Tarentaise, 2 février 1880


LÉON XIII PAPE

Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique,

Nous avons reçu avec plaisir votre lettre, ainsi que la brochure que vous venez de publier sous le titre : Léon XIII et sa mission providentielle. En vérité, comme Nous connaissons fort bien toute la faiblesse de nos forces, Nous comprenons que ce qui se trouve dans votre écrit regarde moins notre personne que l'Eglise catholique et le pontificat romain. Le Christ, par lequel il a plu au Père éternel de réconcilier toutes choses, s'est proposé, en constituant l'Eglise sur cette terre, de ramener à Dieu les hommes qui se sont éloignés de Dieu, soit par les enseignements de la céleste doctrine, soit par les secours de la grâce surnaturelle.

C'est pourquoi, de par la volonté de son auteur, le caractère et la nature de l'Eglise catholique sont tels que, plus elle comprend son devoir de combattre sans faiblir, lors qu'il le faut, pour la foi et la justice, plus elle se sent inclinée à user de bienveillance et de miséricorde à l'égard des hommes dévoyés. Et comme rien n'est mieux fait pour préparer aux hommes la tranquillité dans la vie présente et la béatitude éternelle que l'accord amical entre les deux autorités, c'est-à-dire entre l'autorité sacrée et l'autorité civile, l'Eglise en conséquence n'a rien de plus à cœur que d'inviter les chefs des gouvernements à se joindre à elle par les liens de la concorde et de l'amitié. Les Pontifes romains nos prédécesseurs ayant toujours eu en vue ce même but, suivant les temps et les lieux, Nous avons jugé que Nous ne devions pas Nous éloigner de cette ligne de conduite. Si la société humaine en reçoit quelque avantage et quelque utilité, il faut en laisser l'honneur et le mérite uniquement à celui qui a donné à l'Eglise un tel pouvoir.

Et vous, vénérable frère, continuez à célébrer les bienfaits de l'Eglise et du siège apostolique ainsi que les titres qu'ils ont à la reconnaissance des gouvernements et, en même temps, efforcez-vous toujours de concilier à l'Eglise tous les cœurs, surtout dans ces temps où l'Eglise est de la part d'un certain nombre l'objet de haines et de soupçons. Comme présage du secours divin et comme gage de notre bienveillance toute particulière pour votre personne, nous vous accordons bien affectueusement dans le Seigneur, vénérable frère, la bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 2 février de l'an 1880, de notre pontificat le deuxième. 

LÉON XIII, PAPE

Bref à Mgr Perraud, évêque d'Autun, 15 mars 1880


LÉON XIII PAPE

Nous avons reçu les deux lettres que vous Nous avez écrites.

A la première, datée du 27 décembre, vous aviez joint le discours que vous avez prononcé dans votre église cathédrale, après votre retour de notre ville de Rome ; la seconde, datée du 29 janvier, était accompagnée de la lettre pastorale que vous avez adressée à votre clergé, en promulguant nos lettres encycliques qui commencent par ces mots : AEterni Patris.

A la lecture de ces lettres, vénérable frère, Nous avons senti grandir et se continuer de plus en plus l'excellente opinion que nos entretiens avec vous Nous avaient précédemment fait concevoir de votre attachement à notre personne et à ce Siège Apostolique, aussi bien que de votre zèle à remplir les devoirs de votre charge pastorale. Elles Nous ont prouvé combien vous aviez à coeur de vous diriger d'après nos conseils et de seconder nos voeux, en vous efforçant d'inculquer à votre clergé les méthodes que nous avons jugées les plus propres à procurer le progrès de la philosophie chrétienne et à mettre en honneur les principes de la science solide.

Plus Nous avons la confiance que ces sollicitudes si dignes du zèle pastoral porterait des fruits abondants, plus Nous Nous réjouissons de votre bonne volonté, et Nous sommes heureux d'appeler sur elle les grâces du Seigneur.

En effet, tandis que de nombreuses et graves erreurs beaucoup trop répandues et que des systèmes faux et pervers travaillent à la ruine de la société humaine, notre confiance pour remédier à de tels maux repose, après le secours divin, en ceux qui, nourris à l'école de la vérité et de la justice chrétiennes, devront à une soigneuse préparation d'en pouvoir être un jour les vaillants défenseurs.

Dans cette espérance, vénérable frère, et afin qu'il vous soit donné d'être un vaillant instrument de la gloire de Dieu, Nous implorons avec instance pour vous du Seigneur la plénitude de toutes les grâces d'en haut ; et, en vous exprimant notre sincère affection, Nous envoyons du fond de notre coeur à votre fraternité, au clergé et à tous les fidèles de votre diocèse, la bénédiction apostolique, comme le gage des dons célestes.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 15 mars 1880, de notre pontificat l'an troisième.

LÉON XIII, PAPE

Bref Cum hoc sit, proclamant St Thomas d'Aquin patron des écoles Catholiques 
du 4 août 1880


LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE BREF 

DE S. S. LÉON XIII
PROCLAMANT S. THOMAS D'AQUIN
PATRON DES ÉCOLES CATHOLIQUES

En perpétuel souvenir

C'est un usage à la fois fondé sur la nature et approuvé par l'Eglise catholique, de rechercher le patronage des hommes célèbres par la sainteté, et les exemples de ceux qui ont excellé ou atteint la perfection en quelque genre, afin de les imiter. C'est çourquoi un grand nombre d'Ordres religieux, de Facultés, de Sociétés littéraires ont voulu, depuis longtemps déjà, choisir avec l'approbation du Saint-Siège, pour maître et pour patron, saint Thomas d'Aquin, qui a toujours brillé à l'égal du soleil par la doctrine et par la vertu.


Or, de nos temps, l'étude de sa doctrine s'étant accrue partout, de nombreuses demandes se sont produites afin qu'il fût assigné comme patron, par l'autorité de ce Siège Apostolique, à tous les Collèges, Académies et Ecoles du monde catholique. Plusieurs évêques ont fait connaître que c'était leur voeu, et ils ont envoyé à cet effet des lettres particulières ou communes ; les membres de beaucoup d'Académies et des Sociétés savantes ont réclamé la même faveur par d'humbles et instantes suppliques. 

On avait cru devoir différer de satisfaire à l'ardeur de ces désirs et de ces prières, afin que le temps en accrût le nombre ; mais l'opportunité de cette déclaration apparut à la suite de la publication faite l'année dernière, à pareil jour, de notre Lettre Encyclique sur la Restauration dans les écoles catholiques de la philosophie chrétienne selon l'esprit du docteur angêlique, saint Thomas d'Aquin. En effet, les évêques, les Académies, les doyens des Facultés et les savants de tous les points de la terre, déclarèrent, d'un seul coeur et comme d'une seule voix, qu'ils seraient dociles à nos prescriptions ; qu'ils voulaient même, dans l'enseignement de la philosophie et de la théologie, suivre entièrement-les traces de saint Thomas ; ils affirment, en effet, qu'ils sont, comme Nous, convaincus que la doctrine thomiste possède, avec une éminente supériorité, une force et une vertu singulières pour guérir les maux dont notre époque est afligée.

Nous donc, qui depuis longtemps et vivement désirons voir fleurir toutes les écoles sous la garde et le patronage d'un maître si excellent, vu l'attestation si formelle et si éclatante du désir universel, Nous jugeons que le temps est venu d'ajouter cette nouvelle louange à la gloire immortelle de Thomas d'Aquin.

Or, voici le principal et le résumé des motifs qui Nous déterminent : c'est que saint Thomas est le plus parfait modèle que, dans les diverses branches des sciences, les catholiques puissent se proposer. En lui sont, en effet, toutes les lumières du coeur et de l'esprit qui imposent à bon droit l'imitation ; une doctrine très féconde, très pure, parfaitement ordonnée ; le respect de la foi et un admirable accord avec les vérités divinement révélées ; l'intégrité de la vie et la splendeur des plus hautes vertus.

Sa doctrine est si vaste qu'elle contient, comme une mer, toute la sagesse qui découle des anciens. Tout ce qui a été dit de vrai, tout ce qui a été sagement discuté par les philosophes païens, par les Pères et les Docteurs de l'Eglise, par les hommes supérieurs qui florissaient avant lui, non seulement il l'a pleinement connu, mais il l'a accru, complété, classé avec une telle perspicacité des espèces, avec une telle perfection de méthode et une telle propriété des termes, qu'il semble n'avoir laissé à ceux qui le suivraient que la faculté de l'imiter, en leur ôtant la possibilité de l'égaler. Et il y a encore ceci de considérable : c'est que-sa doctrine, étant formée et comme armée de principes d'une grande largeur d'application, elle répond aux nécessités, non pas d'une époque seulement, mais de tous les temps, et qu'elle est très propre à vaincre les erreurs sans cesse renaissantes. Se soutenant par sa propre force et sa propre valeur, elle demeure invincible et cause aux adversaires un profond effroi. 

Il ne faut pas moins apprécier, surtout au jugement des chrétiens, l'accord parfait de la raison et de la foi. En effet, le saint Docteur démontre avec évidence que les vérités de l'ordre naturel ne peuvent pas être en désaccord avec les vérités que l'on croit, sur la parole de Dieu : que, par conséquent, suivre et pratiquer la foi chrétienne, ce n'est pas un asservissement humiliant et méprisable de la raison, mais une noble obéissance qui soutient l'esprit et rélève à de plus grandes hauteurs; enfin, que la raison et la foi viennent l'une et l'autre de Dieu, non pas pour qu'elles soient en dispute, mais pour que, unies entre elles par un lien d'amitié, elles se protègent mutuellement.

Or, dans tous les écrits du bienheureux Thomas, on voit le modèle de cette union et de cet admirable accord. Car on y voit dominer et briller tantôt la raison qui, précédée par la foi, atteint l'objet de ses recherches dans l'investigation de la nature ; tantôt la foi, qui est expliquée et défendue à l'aide de la raison, de telle sorte, néanmoins, que chacune d'elles conserve intactes sa force et sa dignité ; enfin, quand le sujet le demande, toutes deux marchent ensemble comme des alliées contre les ennemis de toutes deux. Mais, s'il fut toujours très important que l'accord existât entre la raison et la foi, on doit le tenir pour beaucoup plus important encore depuis le XVIe siècle ; car, à cette époque, on commença à semer les germes d'une liberté dépassant toute borne et toute règle, qui fait que la raison humaine répudie ouvertement l'autorité divine et demande à la philosophie des armes pour miner et combattre les vérités religieuses.

Enfin, le Docteur Angélique, s'il est grand par la doctrine, ne l'est pas moins par la vertu et par la sainteté. Or, la vertu est la meilleure préparation pour l'exercice des forces de l'esprit et l'acquisition de la science; ceux qui la négligent s'imaginent faussement avoir acquis une science solide et fructueuse, parce que la science n'entrera pas dans une âme mauvaise, et qu'elle n'habitera pas dans un corps soumis au péché (Sap. I, 4). Cette préparation de l'âme, qui vient de la vertu, exista en Thomas d'Aquin à un degré, non seulement excellent et éminent, mais de telle façon qu'elle mérita d'être divinement marquée par un signe éclatant. En effet, comme il était sorti victorieux d'une très forte tentation de volupté, le très chaste adolescent obtint de Dieu, comme récompense de son courage, de porter autour de ses reins une ceinture mystérieuse et de sentir en même temps complètement éteint le feu de la concupiscence. Dèslors, il vécut comme s'il eût été exempt de toute contagion de corps, pouvant être comparé aux esprits angéliques, non moins pour l'innocence que pour le génie.

A ces causes, Nous jugeons le Docteur Angélique digne à tous égards d'être choisi comme patron des études, et en prononçant avec joie ce jugement, Nous agissons dans la pensée que le patronage de cet homme très grand et très saint sera très puissant pour la restauration des études philosophiques et théologiques, au grand avantage de la société. Car, dès que les écoles catholiques se seront mises sous la' direction et la tutelle du Docteur Angélique, on verra fleurir aisément la vraie science, puisée à des principes certains et
se développant dans un ordre rationnel. Des doctrines pures produiront
des moeurs pures, soit dans la vie privée, soit dans la vie publique, et les bonnes moeurs auront pour conséquence le salut des peuples, Tordre, l'apaisement et la tranquillité générale. Ceux qui s'adonnent aux sciences sacrées, si violemment attaquées de nos jours, puiseront dans les oeuvres de saint Thomas les moyens de démontrer amplement les fondements de la loi chrétienne, de persuader les vérités surnaturelles et de défendre victorieusement notre très sainte religion contre les assauts criminels de ses ennemis. Toutes les sciences humaines comprendront qu'elles ne seront point pour cela empêchées ni retardées dans leur marche ; mais, au contraire, stimulées et agrandies; quant à la raison, elle rentrera en grâce avec la foi, les causes de dissentiment ayant disparu, et elle la prendra pour guide à la recherche du vrai. Enfin  
tous les hommes avides de savoir, façonnés par les exemples et les préceptes d'un si grand maître, s'habitueront à se bien disposer à l'étude par Tintégri té des moeurs; et ils ne poursuivront point cette science qui, séparée de la charité, enfle les esprits et les égare, mais celle qui, découlant du Père des lumières et du Maître des sciences, mène également à lui. 

Il Nous a plu de demander aussi sur la question l'avis de la Sacrée-Congrégation des Rites, et son avis unanime ayant été pleinement d'accord avec Nos voeux, en vertu de Notre suprême autorité, pour la gloire du Dieu Tout-Puissant et l'honneur du Docteur Angélique, pour l'accroissement des sciences et l'utilité commune de la
société humaine, Nous déclarons saint Thomas, le Docteur Angélique, patron des Universités, des Académies, des Facultés, des Ecoles catholiques, et Nous voulons qu'il soit, comme tel, tenu, vénéré et honoré par tous; il est entendu cependant que rien n'est changé pour l'avenir aux honneurs et au rang donnés aux saints que des Académies ou des Facultés peuvent avoir choisis pour patrons particuliers.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du pêcheur,
le 4 août 1880, de Notre pontificat l'an troisième.


THÉODULPHE, CARD. MERTEL

Litterae Apostolicae in forma Brevis quibus agitur
DE SANCTO THOMA AQUINATE PATRONO CAELESTI
STUDIORUM OPTIMORUM COOPTANDO

LEO PP. XIII

 Ad Perpetuam Rei Memoriam



Cum hoc sit et natura insitum et ab Ecclesia catholica comprobatum ut a viris sanctitate praeclaris patrocinium, ab excellentibus autem perfectisque in aliquo genere exempla ad imitandum homines exquirant; idcirco Ordines religiosi non pauci, Lycea, coetus litteratorum, Apostolica Sede approbante, iamdiu magistrum ac patronum sibi sanctum Thomam Aquinatem esse voluerunt, qui doctrina et virtute, solis instar, semper eluxit. 


Nostris vero temporibus, aucto passim studio doctrinarum Eius, plurimi extiterunt, qui peterent, ut cunctis ille Lyceis, Academiis, et scholis gentium catholicarum, huius Apostolicae Sedis auctoritate, Patronus assignaretur. Hoc quidem optare se plures Episcopi significa runt, datis in id litteris cum singularibus tum communibus; hoc pariter studuerunt multarum Academiarum sodales et collegia doctorum supplice atque humili obsecratione deposcere.

Quorum omnium incensas desiderio preces cum differre visum esset, ut productione temporis augerentur, idonea ad rem opportunitas accessit ab Encyclicis Litteris Nostris De philosophia christiana ad mentem s. Thomae Aquinatis Doctoris Angelici in scholis catholicis instauranda, quas superiore anno hoc ipso die publicavimus. Etenim Episcopi, Academiae, doctores decuriales Lyceorum, atque ex omni terrarum regione cultores artium optimarum se Nobis dicto audientes et esse et futuros una pene voce et consentientibus animis testati sunt: immo velle se in tradendis philosophicis ac theologicis disciplinis sancti Thomae vestigiis penitus insistere; sibi enim non secus ac Nobis, exploratum esse affirmant, in doctrinis Thomisticis eximiam quamdam inesse praestantiam, et ad sananda mala, quibus nostra premitur aetas, vim virtutemque singularem. 

Nos igitur, qui diu multumque cupimus, florere scholas disciplinarum universas tam excelienti magistro in fidem et clientelano- commendatas, quoniam tam clara et testata sunt communia desideria, maturitatem advenisse censemus decernendi, ut Thomae Aquinatis immortale decus novae huius accessione laudis cumuletur.

Hoc est autem caussarum, quibus permovemur, caput et summa; eminere inter omnes sanctum Thomam, quem in variis scientiarum studiis, tamquam exemplar, catholici homines intueantur. Et sane praeclara lumina animi et ingenii, quibus ad imitationem sui iure vocet alios, in eo sunt omnia: doctrina uberrima, incorrupta, apte disposita, obsequium fidei et cum veritatibus divinitus traditis mira consensio; integritas vitae cum splendore virtutum maximarum.

Doctrina quidem est tanta, ut sapientiam a veteribus defluentem, maris instar, omnem comprehendat. Quidquid est vere dictum aut prudenter disputatum a philosophis ethnicorum ab Ecclesiae Patribus et doctoribus, a summis viris qui ante ipsum floruerunt, non modo ille penitus dignovit, sed auxit, perfecit, digessit tam luculenta perspicuitate formarum, tam accurata disserendi ratione, et tanta proprietate sermonis, ut facultatem imitandi posteris reliquisse, superandi potestatem ademisse videatur. Atque illud est permagnum, quod eius doctrina, cum instructa sit atque apparata principiis latissime patentibus, non ad unius dumtaxat, sed ad omnium temporum necessitates est apta, et ad per vincendos errores perpetua vice renascentes maxime accommodata. Eadem vero, sua se vi et ratione confirmans, invicta consistit, atque adversarios terret vehementer.

Neque minoris aestimanda, christianorum praesertim hominum iudicio, rationis et fidei perfecta convenientia. Evidenter enim sanctus Doctor demonstrat, quae ex rerum genere naturalium vera sunt, ab iis dissidere non posse, quae, Deo auctore, creduntur; quamobrem sequi et colere fidem christianam, non esse humilem et minine generosam rationis servitutem, sed nobile obsequium, quo mens ipsa iuvatur et ad sublimiora eruditur; denique intelligentiam et fidem a Deo ambas proficisci, non simultatum secum exercendarum caussa, sed ut sese amicitiae vinculo colligatae mutuis officiis tueantur.

Cuius convenientiae mirabilisque concordiae cunctis beati Thomae scriptis expressa imago perspicitur. In his enim excellit atque eminet modo intelligentia, quae quod vult, fide praeeunte, consequitur in pervestigatione naturae; modo fides, quae rationis ope illustratur ac defenditur, sic tamen, ut suam quaeque inviolate teneat et vim et dignitatem; atque, ubi res postulat, ambae quasi foedere icto ad utriusque inimicos debellandos coniunguntur. Ac si magnopere semper interfuit, firmam rationis et fidei manere concordiam, multo magis post saeculum XVI interesse existimandum est; quoniam per id tempus spargi semina coeperunt finem et modum transeuntis libertatis, quae facit ut humana ratio divinam auctoritatem aperte repudiet, armisque a philosophia quaesitis religiosas veritates pervellat atque oppugnet.

Postremum Angelicus Doctor non est magis doctrina, quam virtute et sanctitate magnus. Est autem virtus ad periclitandas ingenii vires adipiscendamque doctrinam praeparatio optima; quam qui negligunt, solidam fructuosamque sapientiam falso se consecuturos putant, propterea quod in malevolam animam non introibit sapientia nec habitabit in corpore subdito peccatis (Sap. 1. 4). Ista vero comparatio animi, quae ab indole virtutis proficiscitur, in Thoma Aquinate extitit non modo excellens atque praestans, sed plane digna, quae aspectabili signo divinitus consignantur. Etenim cum maximam voluptatis illecebram victor evasisset, hoc veluti praemium fortitudinis tulit a Deo pudicissimus adulescens, ut lumbos sibi arcanum in modum constringi, atque una libidinis faces extingui sentiret. Quo facto, perinde vixit, ac esset ab omni corporis contagione seiunctus, cum ipsis angelicis spiritibus non minus innocentia, quam ingenio comparandus.

His de caussis dignum prorsus Angelicum Doctorem iudicamus, qui praestes tutelaris studiorum cooptetur. Quod cum libenter facimus, tum ilia Nos consideratio movet, futurum ut patrocinium hominis maximi et sanctissimi multum valeat ad philosophicas theologi easque disciplinas, summa cum utilitate reipublicae, instaurandas. Nam, ubi se scholae catholicae in disciplinam et clientelam Doctoris Angelici tradiderint, facile florebit sapientia veri nominis, firmis hausta principiis, ratione atque ordine explicata. Ex probitate doctrinarum probitas gignetur vitae cum privatae, tum publicae: probe vivendi consuetudinem salus populorum, ordo, pacata rerum tranquillitas consequentur. - Qui in scientia rerum sacrarum elaborant, tam acriter hoc tempore lacessita, ex voluminibus sancti Thomae habitari sunt, quo fundamenta fidei christianae ample demonstrent, quo veritates supernaturales persuadeant, quo nefarios hostium impetus a religione sanctissima propulsent. Eaque ex re humanae disciplinae omnes non impediri aut tardari cursus suos, sed incitari augerique sentient; ratio vero in gratiam cum fide, sublatis dissidiorum caussis, redibit, eamque in indagatione veri sequetur ducem. Demum quotquot sunt homines discendi cupidi, tanti magistri exemplis praeceptisque conformati, comparare sese integritate morum assuescent; nec eam rerum scientiam consectabuntur, quae a caritate seiuncta inflat animos et de via deflectit, sed eam quae sicut a Patre luminum et scientiarum Domino exordia capit, sic ad eum recta perducit.

Placuit autem hac super re sacri etiam Consilii legitimis ritibus cognoscendi perrogare sententiam; quam cum perspexerimus, dissentiente nemine, votis Nostris plane congruere, Nos ad gloriam omnipotentis Dei et honorem Doctoris Angelici, ad incrementa scientiarum et communem societatis humanae utilitatem, sanctum Thomam Doctorem Angelicum suprema auctoritate Nostra Patronum declaramus Universitatum studiorum, Academiarum, Lyceorum, scholarum catholicarum, atque uti talem ab omnibus haberi, coli, atque observari volumus, ita tamen ut sanctis caelitibus, quos iam Academiae aut Lycea sibi forte patronos singulares detegerint, suus honos suusque gradus etiam in posterum permanere intelligatur.

Datum Romae apud s. Petrum sub Annulo Piscatoris die IV Augusti MDCCCLXXX Pontificatus Nostri anno Tertio.

THEODULPHUS CARD. HERTEL.