ENSEIGNEMENT PONTIFICAL

MOTU PROPRIO

Motu proprio du Pape Léon XIII nommant une commission cardinalice pour surveiller et diriger la publication dos œuvres de saint Thomas d'Aquin, du 18 janvier 1880

LÉON XIII, PAPE
Motu proprio

L'année dernière, par notre lettre datée des ides d'octobre et adressée au cardinal-préfet de la sacrée congrégation des Etudes, Nous avons déclaré qu'il Nous plaisait de voir publier intégralement toutes les œuvres de saint Thomas d'Aquin. Et Nous avons dit que ce projet avait pour cause le désir de voir ainsi se répandre au loin et au large l'excellente doctrine du Docteur Angélique, rien n'étant plus apte à détruire les opinions perverses de notre temps et rien n'étant plus efficace pour conserver la vérité.

Or, maintenant, comme il Nous paraît bon de mettre la main à l'œuvre, Nous croyons devoir prendre certaines décisions, grâce auxquelles Nous pourrons avoir l'heureux espoir que notre entreprise aboutira au résultat désiré.

Et d'abord, pour que la gloire n'en soit pas ravie à cette noble ville de Rome qui est la nôtre, Nous voulons que cette édition, dont Nous avons parlé, soit réservée à l'imprimerie du sacré conseil de la Propagande, déjà illustre par la publication d'autres ouvrages de grande étendue et d'un beau travail.

Ensuite Nous désignons pour veiller à cette édition, afin qu'ils en dirigent l'impression avec une haute autorité, trois cardinaux de la sainte Eglise romaine, à savoir Antonin de Luca, préfet de la sacrée congrégation des Etudes ; Jean Siméoni, préfet du sacré conseil de la Propagande ; Thomas Zigliara, de la famille dominicaine, fort instruit et savant en la doctrine de saint Thomas. Ils auront le droit et le pouvoir de statuer et de décider en notre nom tout ce qu'ils auront jugé propre à cette affaire.

C'est pourquoi ils veilleront à ce qu'on édite intégralement toutes les œuvres du Docteur Angélique, et chacune d'elles, en y joignant les commentaires de ses très illustres interprètes Thomas de Vio, cardinal Cajetan, sur la Somme théologique, et François Sylvestre de Ferrare, sur la Somme contre les Gentils. De même ils veilleront avec soin à ce que, ni pour l'excellente forme des caractères, ni pour une correction soignée, ni pour la sagacité du jugement dans le choix de chaque chose, il n'y ait rien à désirer ; enfin, ils établiront dans quel ordre et dans quel termes il est préférable que chacun des volumes soit publié. Pour ce qui regarde les dépenses, Nous donnons et attribuons pour les frais présentement nécessaires trois cent mille francs d'argent italien ; mais pour l'avenir, Nous voulons que les frais qui seraient nécessaires soient couverts par le trésor du sacré conseil de la Propagande, où sera versé pour cela, jusqu'au parfait équilibre des recettes et des dépenses, tout l'argent qui proviendra de la vente des exemplaires. Que si les recettes venaient à dépasser les dépenses, Nous ordonnons que tout cet argent de surtout sera exclusivement employé, à éditer les œuvres des écrivains qui excellent principalement à éclairer les œuvres de saint Thomas. Les cardinaux que nous avons nommés verront, eux-mêmes à qui, parmi ces écrivains, il faut accorder la préférence ; Nous les avertissons seulement qu'ils doivent préférer aux autres les écrivains dont la doctrine doit donner une plus grande abondance de fruits et paraît plus conforme aux nécessités du temps.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 18 janvier 1880, la deuxième année de notre pontificat.

LÉON XIII, PAPE. 

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