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Le Pape Léon XIII


Le présent site a pour but de fournir en langue française les données historiques les plus exhaustives et les plus exactes possibles sur le Pape Léon XIII et son pontificat.  

L'auteur se propose de rassembler ce qui se rapporte tant à Joachim Pecci qu'à l'histoire de l'Eglise entre 1878 et 1903. 

Ayant voulu donner à l'ouverture du site la date symbolique du 20 février 2018, 140e anniversaire de l'élection du Pape Léon XIII, et compte tenu de l'ampleur du sujet, de régulières mises à jour seront nécessaires.


Le Pape Léon XIII fut un grand Pontife, par le Cardinal Sarto

Le Cardinal Sarto

Le Pape Léon XIII fut un grand Pontife, parce qu'à la ferveur religieuse s'unissait en lui la noblesse du sentiment, l'exquise distinction des procédés, et la puissance de l'esprit, qui ont constitué une des personnalités les plus insignes dont l'histoire puisse garder le souvenir.

Il fut grand, parce que, par ses sages Encycliques, en mettant en pleine lumière la vérité éternelle et immuable de la doctrine chrétienne, il a relevé le sentiment catholique, indiqué le remède aux maux qui affligent la société présente, et fait toucher du doigt que le véritable bien-être ne peut jamais être séparé de la pratique de cette vérité, dont l'Église catholique, qui l'enseigne, est dépositaire.

Il fut grand, enfin, parce que, à une époque où l’on disait la foi éteinte, et l'influence de l'Église catholique finie, Léon XIII fut entouré d'une auréole si brillante, si extraordinaire, que le monde étonné a dû reconnaître la vertu divine de la Papauté.

Nous devons être reconnaissants envers la divine Providence qui a environné d'une éclatante lumière la tiare papale, faisant reconnaître par le monde entier le caractère merveilleux des oeuvres de Léon XIII.

En ce moment où se pressent dans notre mémoire les faits merveilleux de sa vie, les bienfaits inénarrables de son Pontificat, les sollicitudes, les peines et les angoisses qui l'affligèrent, le sentiment de la reconnaissance doit se fortifier dans nos coeurs.


Cardinal Joseph Sarto, futur Pape St Pie X

Le Pape selon St Bernard

St Bernard

Parole de saint Bernard, s'adressant au Pape Eugène III :

« Pontife suprême, vous êtes le prince des évêques, l'héritier des apôtres ; Abel, par la primauté ; Noé, par le gouvernement ; Abraham, par le patriarcat ; Melchisédech, par le sacerdoce ; Aaron, par la dignité ; Moïse, par l'autorité ; Samuel, par la judicature ; Pierre, par la puissance ; Christ, par l'onction ! A vous les clefs ont été données, à vous les brebis ont été confiées ! II y a, sans doute, d'autres portiers du ciel, il y a d'autres pasteurs de troupeaux. Mais vous, vous avez hérité d'un nom d'autant plus glorieux qu'il est plus différent des autres ! Les autres ont des troupeaux particuliers, chacun le sien ; vous, vous les avez tous en garde, pasteur unique de l'unique troupeau ! seul, vous êtes le pasteur, non seulement des brebis, mais encore de tous les pasteurs ! »

« Tu princeps episcoporum, tu hæres apostoIorum : tu primatu Abel, gubernatu Noe, patriarchatu Abraham, ordine Melchisedech, dignitate Aaron, auctoritate Moyses judicatu Samuel, potestate Petrus, unctione Christus ! Tu es cui claves traditæ, cui oves creditæ sunt ! Sunt quidem et alii cœli janitores, et gregum pastores : sed tu, tanto gloriosius, quanto et differentius utrumqne præ cœteris nomen hereditasti. Habent illi sibi assignatos greges, singuli singulos ; tibi universi crediti, uni unus ! nec modo ovium, sed et pastorum tu unus omnium pastor ! » (S. Bern. De la consideration adressée au Pape Eugène III, liv. II, c. VIII, cité par Mgr de La Tour d'Auvergne dans
son mandement de février 1879)

LA PROPAGATION DES ENSEIGNEMENTS PONTIFICAUX



La question des ENSEIGNEMENTS PONTIFICAUX, de leur étude et de leur propagation [...] c'est la question du Pape, du Docteur infaillible, du Roi suprême et nullement constitutionnel de l'Eglise catholique. 

C’est la question de Celui sans qui notre foi chancelle et notre prière demeure inutile : Celui qui donne lumière et direction à tout enseignement religieux, à la science théologique aussi bien qu'à la littérature et à l'art chrétiens. 

C'est la question de Celui qui tient les clefs en main, et qui a sur les lèvres la vraie et unique solution du problème social. 

C'est la question de Celui qui, à l'exemple de Jésus-Christ dont il est le Vicaire, enseigne et console, guérit et ressuscite. [...]

Jamais la parole humaine ne s’est arrogé tant d’autorité..., et jamais elle ne s’est trouvée si impuissante à résoudre les problèmes qu’elle posait... elle a empêché fort peu de mal et elle ne nous a pas procuré grand bien. Elle est présentement à bout de forces et d'habileté. Tout à l'heure, ayant oublié les nobles accents du droit et de la justice, elle oubliera jusqu'à la politesse française et jusqu'à la grammaire. Elle ne dominera plus longtemps les sifflets des uns et les cris menaçants des autres. Ce n'est pas d'elle qu'il est affirmé qu'elle est une semence de vie, mais cela, Dieu l'a dit de la seule parole de son Eglise, de sa parole à lui: Semen est Verbum Dei.


... Pour revivre, il nous faut entendre cette voix ; pour ressusciter ce qui est mort ou ce qui va mourir, il faut faire retentir cette doctrine. Il faut infuser l'âme et le sang de l'Eglise aux peuples qui périssent d'anémie. A la société civile et domestique qui n’en peut plus, il faut donner le vin généreux de la vérité surnaturelle, l’huile miséricordieuse et fortifiante de la parole pontificale. Aux sciences humaines qui s'égarent dans le vide et dans les ténèbres, il faut rendre le soleil de la foi, le phare de la théologie, la main conductrice de la sainte Eglise romaine. Si nous ne voulons pas le faire, le monde est certainement perdu...

Mais Dieu ne veut point que nous en arrivions là. Ne voyez-vous pas en effet l’extraordinaire abondance de vérité, de lumières, de paroles divines, d’enseignement ecclésiastiques, de directions pontificales que Dieu a mises à notre disposition ? [...] Déjà, plus d'une fois nous avons retrouvé dans le nouveau Pape l'ancien cardinal de Pérouse, si docte, si laborieux, si intelligent des besoins de notre temps ; mais nous l'avons retrouvé investi d'une autorité et d'une force incomparablement plus grandes. Dieu n'a donc pas encore désespéré de nos intelligences, puisqu'il leur ménage tant de ressources ; il ne nous a pas encore abandonnés à un aveuglement irrémédiable, puisqu'il fait tomber sur nous de tels rayons. Le monde, la France, lui sont chers encore, puisqu’il leur parle un tel langage.

Ne serions-nous point coupables, messieurs, si nous négligions de pareils secours ? Rien ne nous manque, de la part de Dieu, pour cette nécessaire restauration que le christianisme a faite de toutes choses "instaurans omnia in Christo" et que, par lui, nous voulons faire nous-mêmes des choses de notre temps. Que rien donc ne manque non plus, de notre part, à cette grande œuvre [...] entreprenons maintenant la propagande des documents pontificaux.

Quand le souverain Pontife a parlé, quand les évêques et le clergé ont répété ses paroles, ne croyons pas que tout soit fini. Il reste à leur faire écho, à prolonger le retentissement de leur parole, à la faire pénétrer de toutes parts, jusque dans ces esprits hostiles et indifférents qu'elle ne saurait atteindre par elle-même, il faut expliquer familièrement, défendre fortement, répéter jusqu'à satiété cette haute et sainte doctrine. Il faut surtout la fixer dans des livres, des brochures, des tracts, où on la retrouvera sans cesse et sous toutes les formes.

Pensez-vous, messieurs, que cela se soit fait suffisamment jusqu'ici ? Tous les catholiques instruits et lettrés ont-ils entre les mains, je ne dis pas tous les enseignements des Papes et des concile, mais au moins les plus nécessaires ?

Nos professeurs de collèges catholiques, nos directeurs d'écoles, ont-ils tous, pour juger sainement les faits de l'histoire, les différentes méthodes d'instruction, les nouveaux systèmes d'éducation, ce critérium infaillible qui est la doctrine romaine ?

Je me demande encore si tous nos écrivains, quand ils traitent ces questions philosophiques, politiques et sociales, si fort controversées de nos jours, ont soin de consulter d'abord la vigilante et incorruptible sentinelle que Dieu a placée au Vatican pour avertir le monde des dangers que l'ennemi lui prépare dans l'ombre. S'il en était ainsi, nous n'aurions pas vu souvent d'excellents auteurs, par des motifs excellents, soutenir des doctrines peu agréables au Chef de cette Eglise qui est la mère et la maîtresse de toutes les autres.

Je me demande enfin si les cris de ce veilleur immortel sont entendus et écoutés comme ils le devraient être dans toutes nos imprimeries catholiques; si les actes et paroles du Pape se trouvent dans toutes les salles de rédaction de nos journaux.

Et cependant la presse périodique, la presse quotidienne notamment, auraient le plus grand besoin de ce continuel et infaillible conseil. Obligé à chaque instant de se prononcer sur des personnes et des choses très fugitives ; chargé, en fait, de former la conscience publique sur les matières de religion, de morale et de droit, devenu, à notre époque, le plus prompt et l'un des plus puissants instruments du bien et du mal, le journalisme ne doit-il pas avoir, dans tous ses comités de direction à défaut de théologiens qui y seront appelés quelque jour, un exemplaire des plus récentes constitutions pontificales, un code sacré décidant et jugeant sans appel, au nom du Pape ?

[...] Est-ce la faute à cette Eglise romaine et à ces pontifes, si tant d'hérésies anciennes ont persisté, si tant d'erreurs nouvelles ont surgi parmi nous ; si d'incroyables aveuglements continuent d'obscurcir les intelligences les mieux douées ; si de grands savants et de grands politiques, ne soupçonnent pas même les principes les plus élémentaires du juste et de l'injuste; si tant de catholiques n'ont qu'une foi diminuée et comme sans nerf ; si la moisson enfin n'a pas répondu aux semailles, et si les grâces éclatantes des derniers temps ont porté si peu de fruits ?

Non, la faute n'est pas à l'Eglise. Elle a parlé, mais nous ne l’avons pas écoutée. Elle a enseigné, mais nous avons pris un médiocre souci de ses leçons. Il nous a semblé qu'en avertissant, en conjurant, en condamnant, elle remplissait quelques formalités surannées et obéissait à d’anciens usages, plutôt qu’elle ne faisait œuvre de vie et,  comme on dit, d’actualité !

Nous avons continué de lire les ouvrages interdits par elle, de soutenir les propositions notées par sa censure, de nous complaire en des pratiques dissemblables des siennes.

A peine, quand retentissaient ses avertissements ou ses définitions, y prêtions-nous une oreille distraite, et jetions-nous un regard nonchalant sur ces documents qu’on nous traduisait parfois avec distractions et négligences. Qui songeait à en faire collection, et à les retirer des colonnes du journal où ils étaient ensevelis ?

Cette négligence nous a été grandement funeste. La France n’est pas devenue aussi catholique qu’elle devait l’être ; et moins catholique, elle est aussi moins française. Nous avons travaillé, assurément, mais trop souvent à notre guise ; sans direction, sans union de nos forces, sans résultat sérieux et durable. Nous n’avons pas fait tout ce que Dieu demandait de nous parce que nous n’avons pas assez compris ses demandes qui nous étaient transmises par son Vicaire. Nous n’avons pas fait tout ce que nous voulions nous-mêmes, parce que le moyen principal, — L'OBEISSANCE INTELLIGENTE ET FILIALE AU SAINT-SIEGE, — nous nous en sommes mal pourvus et mal servis. Nous sommes, il est vrai, les membres de cette divine et toute puissante société des âmes qui se nomme l'Église catholique, mais nous ne sommes pas assez pénétrés de son esprit, assez remplis de sa force surhumaine, parce que jusqu'ici nous ne sommes pas entrés assez avant dans l'unité romaine.

Faisons-le donc, il en est temps ; et ce sera la grâce principale du siècle présent. [...] Il ne s'agit que... de nous résoudre à mieux étudier, et à propager avec plus de soin les enseignements du Saint-Siège.

[...]
- Que tous les Catholiques instruits propagent autour d'eux les recueils déjà formés des actes du Saint-Siège, des paroles et allocutions de Pie IX, de sainte mémoire, aussi bien que des lettres et brefs de son glorieux successeur Léon XIII ;

- Que l'on facilite au clergé, par de bonnes et peu coûteuses éditions, la connaissance de tous ces documents dans leur texte original ;

- Que les sociétés fondées pour la diffusion des bons livres s'empressent de publier, dans un format populaire et en français, des recueils analogues... ;

- Que tous les journaux catholiques, suivant l'exemple depuis longtemps donné par les défenseurs de la sainte Eglise romaine, reproduisent soigneusement tous les actes doctrinaux émanés de son autorité ;

- Que large place soit faite dans les brochures de propagande, dans les tracts, etc., aux enseignements du docteur infaillible de notre foi ;

- Que l'on soutienne et propage les revues et journaux qui prendraient pour but, sinon exclusif, du moins principal, la publication, l'explication, la défense et la propagation des mêmes enseignements ;

- Que l'on se rappelle qu'il faut absolument éclairer les intelligences, afin de préserver ou de ramener les cœurs ; et que nulle parole, après celle de Jésus-Christ, Fils de Dieu, n'égale en certitude et en efficacité la parole de son Vicaire ;

- Que l'on se fasse donc une loi inviolable de lire désormais, de relire souvent, et, d'étudier avec attention les enseignements émanés de l'autorité du Siège apostolique.